Emeline K/Bidi dénonce la violence du RN et le manque de clarté politique de la droite

À trois jours du 2nd tour des élections législatives, Emeline K/Bidi continue sa campagne électorale afin de conserver son écharpe de députée. La candidate sur la 4e se félicite et remercie ses équipes pour le bon score réalisé malgré "les mensonges et les manipulations. On a tout entendu durant la campagne : que je suis autonomiste, que je vise les municipales ou encore que je n’ai pas de bilan. Mais le lien entre David Lorion et la Macronie a été compris et durement sanctionné."
Concernant les rumeurs sur ses ambitions municipales à Saint-Pierre, la députée sortante met directement un coup de frein. "Peut-être que certains ont peur et essayent de sauver une mairie, moi je suis occupée depuis trois semaines à sauver mon pays face à la montée de l'extrême droite", argue-t-elle.
Un manque de clarté de la droite
Parmi les points d'inquiétude de la candidate du Nouveau Front Populaire, le manque de clarté de la droite sudiste concernant le RN. Alors que David Lorion avait été un des seuls Républicains à démissionner après la prise de position d'Eric Ciotti, Emeline K/Bidi déplore que "depuis la défaite, sa position est beaucoup moins claire."
Un comportement qu'elle estime responsable de la défiance d'une partie de la population envers les politiques. "Les électeurs sont déçus de ces politiciens qui n’ont ni clarté, ni valeurs. C'est tout ce qui manque au communiqué de David Lorion et Michel Fontaine", déclare-t-elle.
Émeline K/Bidi évoque également le rapprochement annoncé par Jonathan Rivière dans la presse où il affirme avoir été contacté par David Lorion, avant d'être démenti par l’ex-député. "Il y en a un des deux qui ment", lance-t-elle. Elle s'inquiète cependant de la rumeur affirmant que Sébastien Chenu, ancien vice-président RN de l'Assemblée nationale, profite de son passage sur l'île pour rencontrer des directeurs de cabinet de mairies du Grand Sud. "Des déclarations fortement inquiétantes", souligne-t-elle.
"La droite n’est pas l’extrême droite", rappelle l’élue qui invoque les valeurs républicaines des électeurs gaullistes et chiraquiens. "Ils ont déjà perdu, il serait dommage qu’ils se perdent eux-mêmes", lance-t-elle à l’attention des leaders de la droite locale.
Une montée inquiétante de la violence
La candidate du Front Populaire tient également à dénoncer les pressions et les violences subies durant cette campagne, aux allures "de retour en arrière" comme l'évoque son suppléant Jean-Bernard Maratchia. Le champ de canne de ce dernier a ainsi été incendié la veille du premier tour, livre l’agriculteur.
Des plaintes et des mains courantes ont été déposées. Des irrégularités dans des bureaux de vote ont également été signalées à Saint-Pierre par l’équipe de K/Bidi à la commission de régularité des élections. "Le climat depuis dimanche soir est particulièrement pesant", souligne la candidate.
Ils dénoncent deux agressions en particulier lors de réunions publiques, lundi et mardi dernier. La première s’est produite à Terre-Sainte, un individu s’est jeté sur la candidate avant d'être mis à l’écart. Il aurait alors crié : "Vive le RN, vive la race aryenne !". Le lendemain, à Saint-Joseph, un autre individu a agrippé et cherché la bagarre avec Patrick Lebreton, qui doit déposer plainte.
"Le fait que le RN soit arrivé en tête, les militants se libèrent. Ce qu’ils pensaient tout bas, ils le disent désormais tout haut", s’insurge Émeline K/Bidi qui rappelle que le racisme est un délit.


