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Elle démasque les agressions sexuelles de son compagnon sur ses petites nièces

Ecrit par Eric Lainé – le samedi 29 novembre 2025 à 18H24

Vendredi, Roblin P., 33 ans, a été condamné à cinq ans de prison ferme pour agressions sexuelles en récidive sur deux fillettes de son entourage âgées de 3 et 6 ans. L’affaire a été révélée quand sa compagne a découvert sur son téléphone une vidéo le mettant en scène avec l’une d’elles.

Cette sordide affaire se déroule sur la commune de La Possession. Le 23 avril 2024, une jeune femme profite que son compagnon est encore endormi pour explorer son téléphone en catimini. Comme il la délaisse depuis quelque temps et que leur couple bat de l’aile, elle le soupçonne d’entretenir une relation extra-conjugale. Elle scrute ses messageries sans rien trouver d’extraordinaire. Mais quand elle clique sur la corbeille du portable, une vision d’horreur s’offre à elle.

La vidéo qu’elle vient d’ouvrir met en scène son compagnon non pas avec une femme mais avec une fillette. Une petite de 6 ans qu’elle connaît bien puisqu’il s’agit de sa propre nièce. La gamine est « assise sur le plan de travail de leur cuisine avec les jambes écartées. Lui a sorti son sexe et il s’approche de la fillette. Fin de l’enregistrement. Tout se bouscule dans la tête de la jeune femme.

Il frappe sa compagne pour récupérer son portable avec la vidéo

Cela la ramène probablement à ce qu’elle sait de lui. Il a déjà eu à faire à la justice pour des abus à caractère sexuel sur une mineure. Elle le savait mais il lui avait dit que tout ça n’était que mensonge et elle l’avait cru. Folle de rage, elle se rend aussitôt dans la chambre à coucher pour l’invectiver et le menacer de tout révéler aux parents de sa petite nièce.

Roblin P. sort de sa torpeur, encore embrumé par les vapeurs de zamal et les effets de la cocaïne qu’il consomme H/24. Elle lui parle de la vidéo. Lui ne pense qu’à une chose : récupérer son portable à tout prix. Comme elle refuse, il en vient aux mains. Elle reçoit des gifles et elle a droit à un étranglement. Etant donné l’impressionnante stature du gaillard, la lutte est inégale.

« Elle voulait jouer au papa et à la maman et savoir comment on faisait des bébés »

Roblin P. récupère son téléphone et prend la fuite. Sa compagne lui ayant promis que ses frères le tueraient à coups de fusil, il se réfugie à la gendarmerie pour tout raconter. Placé en garde à vue, il confirme avoir abusé de la fillette de 6 ans tout en rejetant la responsabilité sur elle. A l’entendre, « elle voulait jouer au papa et à la maman et savoir comment on faisait des bébés ». Il prétend encore qu’elle a écarté sa culotte pour qu’il puisse frotter son sexe contre le sien à sa demande à elle. Il précise même « s’être arrêté » de lui-même en se rendant compte « que ça n’était pas bien ».

Quand les gendarmes demandent à examiner son portable, la vidéo est introuvable. Il est facile d’imaginer qu’elle a été définitivement détruite par ses soins. Il n’en demeure pas moins que la scène décrite par la compagne à la lecture de la vidéo est conforme à ce qu’il a avoué. Et au récit que livrera plus tard la petite victime.

« Pas d’attirance sexuelle envers les enfants »

Mis en examen par un juge, Roblin P. fait valoir son droit au silence. Dès sa première audition par le magistrat instructeur, il revient sur ses déclarations pour nier en bloc et crier au complot familial. La vidéo ? Elle n’a « jamais existé » et il n’a « rien effacé sur son portable ». Ses aveux ? Il les a faits « par peur de prendre un coup de fusil ». Et donc pour être certain de rentrer en prison afin de se protéger.

Il redit au juge qu’il n’a « pas d’attirance sexuelle envers les enfants ». Le souci pour lui est qu’il a été condamné en 2018 à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis pour agression sexuelle sur une fillette. Même schéma à l’époque, il a reconnu les faits avant de s’enfermer dans ses dénégations. Les faits étaient similaires et il a aussi invoqué la thèse du complot.

« Comment « tonton a soulevé sa robe et mis sa main sur son sexe »

De leur côté, les gendarmes poursuivent leurs investigations en faisant un environnement complet du suspect. C’est ainsi qu’ils découvrent une seconde victime dans l’entourage familial. Agée de 3 ans, cette autre petite nièce raconte avec ses mots d’enfant comment « tonton a soulevé sa robe et mis sa main sur son sexe ». Elle va jusqu’à mimer le geste en disant : « Il a mis son zizi sur moi. » Tout ça en lui disant qu’elle était « sa petite chérie ». Les experts mettent les faits en concordance avec le comportement anormalement sexualisé et agité de la petite victime.

A la barre du tribunal judiciaire, Roblin P. campe sur ses positions. « Je ne reconnais pas les faits », affirme-t-il en se tenant « droit comme un i ». « Les deux enfants ont dénoncé des agressions sexuelles en disant toujours que vous aviez mis votre zizi dans leur fesse et sur la vidéo vous vous frottiez sur le sexe de l’une d’elles. Expliquez-vous… », lui objecte la présidente. « S’il y avait eu une vidéo, les gendarmes l’aurait trouvé », rétorque-t-il.

« Je n’ai jamais mis mon zizi dans les fesses de qui que ce soit »

« Vous avez tout de même dit en garde à vue avoir mis cette vidéo dans la corbeille quand vous vous êtes aperçu que vous aviez fait une connerie, là où justement votre compagne dit l’avoir trouvée… », s’agace la présidente. « J’ai dit tout ça parce que je voulais absolument aller en prison. Je ne voulais pas qu’ils me relâchent car j’avais peur de me faire tuer », soutient-il contre toute évidence. Et puis, se défend-il, « je n’ai jamais mis mon zizi dans les fesses de qui que ce soit ».

« Vous avez même dit que la petite était à l’initiative de tout ça… », « Je ne m’en rappelle plus », élude-t-il. « Vous avez dit encore avoir filmé pour montrer que c’était la petite qui vous en avait fait la demande… », insiste la magistrate. « J’étais sous cocaïne », prétexte-t-il.

« Vous les ramenez à un statut de menteuse alors que vous les portiez dans votre cœur »

« Comment expliquez-vous que la deuxième fillette, âgée de 3 ans, raconte la même chose ? », poursuit la présidente. « Je pense qu’ils ont parlé en famille avant de m’accuser ». « Vous avez déjà été condamné pour agression sexuelle. Que vous a-t-on reproché ? ». « Je ne m’en souviens plus… Comme quoi j’avais frotté mon sexe sur celui d’une petite fille ? ». « C’est la même chose en quelques années. C’est tout de même surprenant… », note la présidente.

En dépit d’un flot de questions, Roblin P. continue de clamer son innocence. Même quand il est confronté à la souffrance de ses victimes que ses dénégations ne font que renforcer. « Vous les ramenez à un statut de menteuse alors que vous les portiez dans votre cœur », tente de l’attendrir la présidente. Lui n’en démord pas : « Si j’avais fait quelque chose, j’aurais dit la vérité. »

« Finalement, vous nous avez dit que vous étiez la victime de toute cette machination »

« On ne vous a pas entendu parler d’autre chose que de vous. Vos déclarations qui ont varié et la thèse du complot familial sont uniquement liées à votre protection. Finalement, vous nous avez dit que vous étiez la victime de toute cette machination », estime la vice-procureure. Poursuivant son réquisitoire, elle liste les éléments à charge du dossier comme « le témoignage de son ex-compagne à propos de la vidéo, ses aveux en garde à vue et les déclarations circonstanciées des fillettes ».

La magistrate ajoute que « cette procédure fait écho à celle de 2018 où il avait reconnu le même type de faits avec l’excuse de provocation de la mineure avant de changer de version et de dire qu’il avait été victime de pressions policières et des mensonges de la famille qui voulait gagner de l’argent sur son dos ». La représentante du ministère public requiert cinq ans de prison ferme à son encontre tandis qu’il reste impassible.

« Il faut peut-être le condamner à l’aune d’une certaine humanité »

Me Julien Barraco, avocat de la défense, revient simplement sur les faits pour demander « qui est le véritable Monsieur P. ? » « Celui de la garde à vue, celui qui était face aux experts ou celui devant vous aujourd’hui ? », interroge-t-il. Il choisit de ne pas trancher avant d’indiquer que « s’il reconnaît les faits, il n’aura pas la même vie en prison ».

Et puis l’avocat rappelle que les ressorts de cette histoire sont peut-être à chercher dans le passé de son client qui dit avoir été abusé étant petit. Sans vouloir en dire davantage et donc sans avoir eu accès à des soins. Et Me Barraco de conclure par cette formule : « Il faut peut-être le condamner à l’aune d’une certaine humanité. »

« Vous pouvez être encore dangereux… »

Le tribunal judiciaire a finalement opté pour une peine conforme aux réquisitions de la vice-procureure. Cinq ans de prison ferme, un suivi socio-judiciaire de même durée avec obligation de soins, de travailler, d’indemniser les victimes, de ne pas entrer en contact avec elles et de n’exercer aucune activité en lien avec des mineurs. Le tout avec une épée de Damoclès de trois ans de prison au-dessus la tête.

La présidente a tenu à lui indiquer que « son positionnement était très inquiétant ». Et d’ajouter : « Comme vous n’avez pas reconnu les faits, vous ne pouvez pas travailler sur vous. Vous avez déjà fait trois petites victimes mineures, vous pouvez par conséquent être encore dangereux… »

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