“Écorchées vives” : Shirley Dhinn, porte-parole malgré elle de la lutte contre les violences gynécologiques

Sans avoir donné son consentement à une hystérectomie, Shirley Dhinn dénonce aujourd’hui des violences gynécologiques subies au CHU. Son témoignage a libéré d’autres paroles.
“Écorchées vives” : Shirley Dhinn, porte-parole malgré elle de la lutte contre les violences gynécologiques En 2016, Shirley Dhinn, alors patiente au CHU, devait subir une ablation des ovaires pour soulager des douleurs liées à l’endométriose. L’intervention était confiée à un spécialiste reconnu sur l’île, le professeur Peter Von Theobald.
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Selon les informations relayées par Mediapart, l’opération a abouti à une ablation de son utérus. Le professeur a finalement estimé que la cause des douleurs était une adénomyose et il a opté pour une hystérectomie. Cette décision aurait été prise alors que la patiente était déjà sous anesthésie et donc sans son consentement explicite.
Après avoir saisit la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI), le dossier de Shirley Dhinn a été examiné en novembre 2024. Le 13 février 2025, cette instance a statué en faveur d’une indemnisation à la charge du CHU "pour défaut d’information".
En réaction à la médiatisation de l’affaire, le CHU a rappelé sa coopération avec la CCI et souligné que " le secret médical est un principe fondamental et absolu qui protège la confidentialité des données de santé de chaque patient ", ajoutant que " le respect de cette obligation légale interdit au CHU et à ses professionnels de divulguer des informations médicales ou de commenter publiquement les situations cliniques individuelles », tout en appelant « les médias et l’ensemble des acteurs à la prudence dans le traitement de cette affaire ".
Depuis la médiatisation de l'affaire, Shirley Dhinn a reçu les témoignages d'autres femmes estimant avoir été victimes d’actes médicaux similaires, là encore non conformes à ce qui leur avait été annoncé. Suite à des suspicions d’endométriose, elles affirment avoir fait l’objet d’une intervention programmée par le même professeur au CHU de Saint-Denis. En sortant du bloc opératoire, elles disent avoir découvert que l'opération pratiquée était différente que celle initialement prévue. Comme Shirley Dhinn, elles font état de souffrances et de lourdes complications post-opératoires.
Pour permettre aux personnes concernées d’échanger et de se soutenir mutuellement, Shirley Dhinn a ouvert une page Facebook intitulée “Écorchées vives”, pensée comme un espace de parole et d’écoute pour les femmes qui s’estiment victimes de violences gynécologiques.
Zinfos974 a recueilli la parole de la lanceuse d'alerte et de deux autres femmes qui témoignent de manière poignante des complications médicales sévères et des séquelles durables qui ont fait de leur vie un enfer.


