Dojo Saint-Leu : une plainte vise la présidente, sur fond de dépenses contestées et de redressement judiciaire

Le Dojo Saint-Leu traverse une période particulièrement mouvementée. Une plainte a été déposée contre sa présidente, Amina Ludovic, pour des faits susceptibles de relever de l'abus de confiance et du détournement de fonds. Les sommes contestées atteignent près de 150.000 euros étalés sur plusieurs années. Cette procédure intervient alors que le club de judo a récemment été placé en redressement judiciaire. La présidente conteste l'intégralité des faits dénoncés.
Selon la plainte déposée par un membre du bureau de l'association, plusieurs irrégularités présumées auraient été découvertes après l'obtention d'un accès aux comptes bancaires du club. Le plaignant affirme avoir constaté "l'existence de retraits systématiques d'espèces effectués chaque mois, sur une période de plus de cinq années". Le document évoque également une série d'opérations financières dont la justification est aujourd'hui contestée.
150.000 euros non justifiés ?
Le plaignant estime à plus de 87.000 euros le montant des dépenses qu'il considère comme personnelles et à 70.000 euros celles des opérations qu'il estime insuffisamment justifiées. Au total, les sommes contestées atteindraient plus de 150.000 euros, selon ses propres calculs figurant dans une plainte que la rédaction a pu consulter. Il estime que ces agissements auraient causé "un préjudice financier majeur à l'association".
Parmi les dépenses contestées figurent des achats réalisés dans des restaurants, des commerces, des stations-service ou lors de déplacements en métropole, ainsi que plusieurs factures dont le lien avec l'activité sportive du club est aujourd'hui questionné. La plainte vise notamment des dépenses de matériel, le règlement de certaines factures et une prestation de suivi nutritionnel qui, selon des échanges consultés par notre rédaction, aurait bénéficié à la présidente du club Amina Ludovic.
Les plaignants s'interrogent également de paiements effectués au bénéfice d'une entreprise exploitée par le conjoint de la présidente et estiment qu'un éventuel conflit d'intérêts pourrait devoir être examiné dans le cadre du programme national "1000 dojos".
"Le principe de la présomption d'innocence doit être respecté"
Au-delà des aspects financiers, les auteurs du signalement dénoncent également des dysfonctionnements dans la gouvernance de l'association. Ils soutiennent que certaines réunions du comité directeur et assemblées générales prévues par les statuts n'auraient pas été organisées. Dans la plainte, on apprend que personne d'autre que la présidente n'a "jamais eu accès aux comptes bancaires de l'association ni aux relevés bancaires", et ce malgré des demandes répétées par les membres du bureau. Certains réclament désormais un audit complet des comptes du club depuis 2020 afin de faire toute la lumière sur sa gestion.
Un signalement aurait également été transmis à la DRAJES, l'administration chargée notamment du contrôle des structures sportives.
Sollicitée par téléphone et par courriel, Amina Ludovic n'a pas souhaité répondre sur le fond des accusations. Dans une réponse écrite adressée à notre rédaction, elle rappelle qu'"aucune audition ne m'a été notifiée, aucun jugement n'a été rendu et aucune condamnation n'a été prononcée à mon encontre". La présidente souligne également que "le dépôt d'une plainte ou d'un signalement ne constitue pas une reconnaissance des faits allégués" et demande que "le principe de la présomption d'innocence soit respecté". Elle indique réserver ses explications au cadre judiciaire. Par téléphone, elle nous a assuré avoir répondu aux demandes de la DRAJES suite au signalement.
En parallèle, le redressement judiciaire du Dojo Saint-Leu ouvre un nouveau chapitre pour le club, dont la situation financière fait désormais l'objet d'un suivi par la justice commerciale.


