Orientations budgétaires 2026 : "Le Département assume ses dépenses sociales obligatoires"

Le Département de La Réunion a présenté ses orientations 2026, plaçant l’action sociale et la solidarité au cœur de ses priorités malgré un contexte budgétaire incertain.
Lors de la séance plénière de ce mercredi 26 novembre, le Département de La Réunion a présenté ses orientations budgétaires pour 2026. La collectivité veut placer la solidarité au cœur de ses priorités, tandis que l’opposition reste vigilante et que plusieurs motions sont adoptées pour alerter l’État sur des enjeux locaux majeurs.
Quatre motions pour interpeller l’État sur des urgences locales
En préambule de la séance, quatre motions ont été présentées par les élus. La première, portée par Monique Orphé (groupe socialiste Une ambition pour le Département), dénonce la crise du logement et réclame le rétablissement de la LBU, amputée de 22 millions d’euros, une gestion plus digne des expulsions locatives, un plan d’accompagnement pour les familles surendettées et la révision des critères d’accès à la propriété dans le parc social. La seconde, portée par Serge Hoareau pour le conseil départemental, appelle à un renforcement des moyens humains et matériels pour lutter contre le narcotrafic et demande un plan de sécurisation des quartiers et des espaces publics. La troisième, initiée par Aurélien Centon pour le groupe majoritaire, plaide pour une évolution de la réglementation sur l’accompagnement des parents lors des transferts sanitaires de jeunes vers l’Hexagone et la création d’un guichet unique pour faciliter ces démarches. Enfin, la quatrième motion du groupe socialiste concerne la réforme des aides sociales et le nouvel acte de décentralisation.
Un contexte budgétaire national incertain
Alors que le budget de l’État pour 2026 demeure incertain, le président a alerté sur les répercussions potentielles pour les collectivités, privées de visibilité pour programmer leurs actions.
Si le Département a obtenu certaines avancées — notamment la compensation CNSA et l’abandon du prélèvement DILICO — l’absence de budget national pourrait peser lourdement sur ses recettes et ses capacités d’emprunt.
Face à ces risques, Cyrille Melchior revendique une gestion "rigoureuse et optimisée", s’appuyant notamment sur la certification des comptes départementaux. La collectivité reste en effet la seule à La Réunion et en Outre-mer à disposer de comptes certifiés.
"Le Département assume ses dépenses sociales obligatoires"
Protection de l’enfance, violences intrafamiliales, insertion et lutte contre la précarité : les demandes sociales augmentent fortement chaque année. "Chaque année nous avons à peu près 30 millions d'euros de dépenses sociales obligatoires et nous les assumons", insiste Cyrille Melchior. "Cela nous oblige collectivement à conforter la place du Département dans son rôle social, un rôle fragilisé année après année par la tension sur nos ressources", a-t-il ajouté, appelant à maintenir un cap de "solidarité, responsabilité et innovation".
Le Département prévoit de poursuivre la modernisation de ses services avec des outils numériques simplifiés et le BIC 4, ainsi que la création de l’Institut Citoyen d’Apprentissage à la Vie Publique. Sur le plan économique et environnemental, l’accent est mis sur l’autonomie alimentaire avec le nouveau régime d’aide au soutien de la production locale de fruits et légumes pour 2026-2028 et la préservation du bœuf moka et du cabri péi. La collectivité promet également une gestion "exemplaire" des fonds européens et la poursuite des chantiers liés à l’eau, aux routes et au plan "1 million d’arbres".
Une opposition vigilante sur la réalité des annonces
L’opposition reste prudente. Monique Orphé attend du président que les annonces se traduisent concrètement dans le budget primitif 2026. "L’année dernière, il a coupé moins de 2 millions d’euros dans le budget de l’insertion. Avec les restrictions du gouvernement, comment le Département va-t-il insérer durablement ces personnes ?"
Selon elle, le budget reste insuffisant pour l’hébergement d’urgence des femmes victimes de violences ou pour la protection de l’enfance. "Le Département dit mettre 30 millions supplémentaires dans le social, mais cela représente quoi sur un budget d’un milliard d’euros ?", ajoute-t-elle.
Alors que le budget national demeure incertain, le Département affirme sa volonté de préserver la solidarité et de répondre aux besoins croissants des Réunionnais. Le budget primitif 2026, attendu dans les prochaines semaines, sera le véritable révélateur de la capacité de la collectivité à traduire ses ambitions sociales, environnementales et de modernisation en actes concrets.


