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Cyclone Chido : "On a bientôt plus rien à manger ni à boire"

Ecrit par I.S. – le mercredi 18 décembre 2024 à 06H15

À Petite-Terre, le météore a détruit tous les bangas. Il ne reste que des tôles enchevêtrées que les habitants tentent de récupérer pour reconstruire un abri de fortune à la veille de la saison des pluies. Conseiller principal d'éducation au collège voisin, Lucas n'a ni eau ni électricité, comme la plupart des habitants du quartier. La priorité pour lui, c'est que les autorités donnent un délai d'attente avant que le minimum vital soit rétabli.

Résigné, Lucas, qui travaille sur Petite-Terre au collège, a pu faire le tour de la petite île avec son scooter. Même les voitures peuvent circuler 48 heures après le passage dévastateur du cyclone grâce à l'entraide entre les habitants qui ont déblayé les routes. Il le reconnaît bien volontiers, jamais il n'aurait imaginé des vents d'une telle violence. Personne n'était préparé à cette catastrophe : "On savait qu'on aurait de la pluie et du vent, mais sans plus."

"Chez mes voisins, c'est le chaos"

Chez lui, il manque quelques tôles à son toit et les murs en contreplaqué ont tous pris l'eau et s'apprêtent à céder. L'ensemble de la maison est inondé. Mais Lucas a eu plus de "chance" que certains de ses amis dont la maison en dur a été balayée par le météore.

"Chez moi, le portail a été écrasé par mon cocotier, mon jardin est inexistant. Mais chez d'autres, c'est le chaos." Lucas craint désormais les pillages qui ont déjà commencé dans le secteur : "À la boulangerie, dans les petites échoppes et les restaurants." Selon le trentenaire, les clandestins nombreux sur Petite-Terre n'hésiteront pas à s'introduire chez les particuliers pour se procurer de la nourriture.

Autour de Lucas, la solidarité s'organise pour se répartir ce qu'il reste dans les placards des uns et des autres, notamment ceux qui avaient quitté l'archipel avant le passage de Chido. Sans eau, sans électricité et sans le minimum vital, la vie est très difficile après le traumatisme des heures passées avec des rafales de vent à 250 km/h et tout qui s'écroule. "On a bientôt plus rien à manger ni à boire"

"À 150 km/h, de toute façon rien n'aurait tenu"

Lucas attend avec impatience de rejoindre sa compagne en métropole pour faire une pause. "Nous reviendrons quand le minimum vital sera assuré", promet-il. Le réseau téléphonique est opérationnel à Pamandzi et quelques habitants dont le logement se trouve à proximité de l'hôpital ont de l'électricité. "Nous nous retrouvons à ces endroits pour charger nos téléphones et nous utilisons nos batteries solaires," explique encore Lucas qui doit attendre son tour pendant des heures. "De toute façon, même avec des vents à 150 km/h, rien n'aurait tenu," confie enfin Lucas. Des propos plus qu'inquiétants alors que la saison cyclonique ne fait que débuter.

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