Crise économique : la morosité encore bien présente

"A la Réunion comme en Métropole, la confiance dans la reprise n’est pas là.
Au quotidien, les Réunionnais arrivent à s’en sortir, ils ont en effet appris à mieux gérer la situation de crise, en réalisant même pour certains de vrais sacrifices. Ainsi, les évolutions du pouvoir d’achat et du niveau de vie perçus se stabilisent (bien qu’en retrait par rapport aux moyennes longues périodes) et la perception du niveau de qualité de vie se maintient après une amélioration pendant 2 trimestres consécutifs, mais les inquiétudes sur l’avenir se renforcent.
En effet, les pessimistes sur leur avenir personnel et professionnel sont plus nombreux qu’au trimestre précédent. Le chômage continue d’être la préoccupation majeure, le sentiment de pauvreté et d’exclusion étant de plus en plus présent. La crainte sur la dégradation de son pouvoir d’achat reste un sentiment majoritaire, partagé par 3 Réunionnais sur 4.
Attendre et épargner
67% des Réunionnais estiment que la situation économique de l’île est mauvaise (+ 4 points en un trimestre) et 80% sont inquiets sur son évolution. En conséquence, les intentions de soutien à des mouvements sociaux se renforcent après 3 trimestres consécutifs de baisse.
Après des intentions de dépenses orientées à la hausse en fin d’année, le premier trimestre est marqué par une logique de rétention, un report des achats importants et une plus grande volonté d’épargner pour pallier les difficultés futures.
La crise a engendré une modification des comportements des consommateurs au quotidien : plus d’arbitrages, une attention plus marquée à son pouvoir d’achat, l’envie de maîtriser son budget, des achats plus réfléchis et moins impulsifs, une plus grande sensibilité aux promotions… Il s’agit donc de dépenser moins, avec une logique à court terme, et une dimension plaisir en retrait.
Baisse de la consommation
La fréquentation des grandes surfaces est en baisse et celle des centres villes est encore plus marquée. La dégradation du solde des intentions de dépense (dépense-épargne) touche quasiment tous les
secteurs analysés.
D’abord, les achats de produits grande consommation sont moindres ce trimestre : la progression apparente des ventes versus le 1° trimestre de 2009 cache en réalité un recul si l’on tient compte de l’inflation.
Les marques de distributeurs confirment leur croissance (+ 40% en valeur) s’expliquant par l’offre plus abondante et plus visible (arrivée de l’enseigne E. Leclerc & mise en avant par les enseignes), en phase avec la volonté des ménages réunionnais de mieux maîtriser leurs dépenses.
Au final, les intentions de dépenses alimentaires courantes sont parmi celles qui se rétractent le plus en ce début d’année.
Hormis pour les fêtes de fin d'année, les dépenses sont en baisse
Les équipements en ordinateurs, Internet et TV Sat progressent, reflétant les achats et les souscriptions lors des fêtes de fin d’année. En revanche, la téléphonie mobile marque le pas.
Les intentions de dépenses sur les postes suivants sont en baisse :
- Equipement de la maison : décoration/jardinage et meuble/électroménager,
- Les sorties et les loisirs ainsi que les vacances et les voyages,
- L’habillement.
Enfin, concernant l’automobile, l’amélioration depuis 2 trimestres se confirme mais le solde d’intentions de dépense reste en dessous de la moyenne long terme.
Du côté des Chefs d’entreprise, comme pour le Grand Public, l’évaluation de la situation actuelle se dégrade, arrêtant la dynamique des trimestres précédents : la confiance des chefs d’entreprise se stabilise mais le moral se dégrade, ce pour leur propre activité et pour l’économie locale.
Pour les chefs d'entreprise, la situation se détériore
Pour sa propre entreprise, les entrepreneurs jugeant que leur situation ne s’améliore pas sont plus nombreux. L’indicateur de confiance sur l’avenir de sa propre entreprise reste stable mais loin de la moyenne long terme. Les projets d’investissement et d’embauches sont donc logiquement moins nombreux.
Concernant la situation économique de l’île, le moral faiblit également avec 7 chefs d’entreprise sur 10 qui jugent que la situation se détériore et un sur deux qui reste pessimiste sur son évolution future.
Au final les Chefs d’entreprise restent très inquiets : 9 sur 10 pensent que la crise est encore d’actualité et un tiers estime que le pire est encore à venir. "


