Course folle en pleine nuit : un chauffard percute une voiture de police

À St-Denis, dans la nuit du 8 février dernier, un automobiliste a tenté d’échapper à un contrôle de police avant de percuter violemment une voiture des forces de l’ordre. Alcoolisé et sous stupéfiants, il a blessé un policier et endommagé le véhicule officiel. Jugé pour plusieurs infractions, il a reconnu les faits devant le tribunal correctionnel.
Il est 2 h 25 du matin, ce 8 février, lorsque la brigade anticriminalité (BAC) repère un véhicule arrivant à vive allure sur un rond-point de St-Denis. Les policiers parviennent à l’intercepter et annoncent leur fonction, mais au lieu de se soumettre au contrôle, le conducteur recule brusquement, fait crisser ses pneus et redémarre en force.
Dans sa fuite, il percute violemment la voiture de police, blessant l’un des agents. La violence du choc est telle que l’airbag du fuyard se déclenche. Ce dernier, Xavier M., 23 ans, était au volant du véhicule de sa compagne. Il conduisait sans permis, avec 1,6 g d’alcool par litre de sang, sous l’emprise du cannabis, après avoir consommé six bières et sept shots de rhum.
"Je voulais juste les esquiver"
Interpellé après les faits, Xavier M. a rapidement reconnu l’ensemble des infractions : refus d’obtempérer, conduite sans permis, sous l’effet de l’alcool et de stupéfiants, dégradation de véhicule de police et violences avec ITT de deux et cinq jours pour les victimes. Devant les juges, il tente d’expliquer son comportement :
« J’ai paniqué. J’avais trop bu, et quand j’ai compris qu’il s’agissait de la police, j’ai eu peur. Je ne voulais pas leur rentrer dedans, juste les esquiver et partir. »
Il assure qu’il prend conscience de la gravité de ses actes et se dit prêt à travailler pour indemniser les dommages causés.
Une défense axée sur la réinsertion
Face aux juges, la procureure ne cache pas son indignation. « C’est choquant d’entendre de telles justifications au regard des faits. Il y a 70 refus d’obtempérer par jour en France, mettant en péril les forces de l’ordre. La situation était si tendue qu’un policier a dû sortir son arme. Ce prévenu cumule tous les critères d’extrême gravité. »
Elle requiert 24 mois de prison dont 18 avec sursis probatoire, et six mois ferme sous surveillance électronique, ainsi qu’une peine spécifique pour le refus d’obtempérer.
L’avocat de Xavier M. insiste, de son côté, sur le profil de son client : « C’est un jeune homme inséré qui a toujours travaillé. Ce soir-là, il a agi n’importe comment et il le regrette. Plutôt que de lui interdire de conduire, il faudrait au contraire l’obliger à passer son permis. »
La défense demande une peine sous sursis probatoire, plaidant pour une sanction qui lui permettrait de poursuivre son activité professionnelle et de se réinsérer.
Le tribunal, après en avoir délibéré, condamne Xavier M. a 2 ans de prison dont 18 mois avec sursis probatoire. Il a interdiction de conduire tout véhicule pendant 9 mois. Cette peine pourra être effectuée sous bracelet électronique.


