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Consommation : la continuité territoriale, levier clé pour réduire les prix dans les Outre-mer ?

Ecrit par Julien Delarue – le vendredi 13 décembre 2024 à 06H35

Face à des surcoûts d'approvisionnement élevés, les représentants de la grande distribution dans les Outre-mer, réunis au Sénat ce mercredi, appellent à instaurer une continuité territoriale semblable à celle en vigueur en Corse. Une mesure qui pourrait alléger les prix pour les consommateurs ultramarins tout en soutenant les économies locales, selon eux.

Mercredi, lors de la table ronde organisée par la délégation sénatoriale aux Outre-mer, consacrée à la lutte contre la vie chère, les représentants des principaux groupes de distribution alimentaire en Outre-mer ont unanimement mis en avant l'étroitesse des marchés et l'éloignement des sources d'approvisionnement comme principale explication des écarts de prix entre l’Hexagone et les Outre-mer. « La solution passe par la continuité territoriale. Si la Corse bénéficie de près de 200 millions d’euros annuels pour compenser les frais d’approche, pourquoi pas les Outre-mer ? » a déclaré clairement Stéphane Hayot, directeur général du groupe GBH. Cette volonté d'étendre au même niveau cette continuité territoriale a été plusieurs fois évoquée par les politiques sans trouver un écho favorable.

Stéphane Hayot - directeur général de GBH

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Ces frais fixes, estimés à environ 5.000 euros par conteneur, pèsent lourdement sur les produits de première nécessité. « Une bouteille d'eau importée à 15 centimes finit par coûter trois fois plus à son arrivée en Martinique », a expliqué Robert Parfait, président du groupe Parfait, en illustrant comment le fret et les taxes multiplient les prix des produits à faible valeur. Pour les acteurs de la grande distribution, ces charges se répercutent directement sur le pouvoir d’achat des habitants des Outre-mer, où l'Insee estime que les prix alimentaires sont jusqu’à 40 % plus élevés qu’en Hexagone. Cette différence de prix est de 37% en moyenne à La Réunion sur les produits alimentaires.

Sans continuité, les « ultramarins continueront de payer le prix fort »

Pour les acteurs de la grande distribution, la péréquation des frais d’approche pourrait constituer une solution temporaire. Mais la priorité demeure une réforme structurelle. « Tant qu’une vraie continuité territoriale n’existera pas, les consommateurs ultramarins continueront de payer le prix fort », a souligné François Huygues-Despointes, directeur général du groupe SAFO. La régulation des coûts logistiques, combinée à une compensation financière nationale, pourrait améliorer durablement la situation.

Il ont également longuement débattu du rôle de l'octroi de mer qui s'applique non seulement au prix d'achat des produits, mais également au coût de transport. Pour eux, il alourdit considérablement les prix finaux des produits de consommation. Par exemple, un conteneur d'eau subit un surcoût en raison de cette taxe. Les contours de la réforme de l'octroi de mer sont en cours, reste à savoir sur quels changements les discussions aboutiront ?

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À cause des normes, des freins aux approvisionnements régionaux

Outre les frais d’approche, le développement de la production locale a également été cité comme un levier économique majeur. Toutefois, comme l’a expliqué Stéphane Hayot, « la faiblesse des marchés insulaires limite les économies d’échelle et rend la production locale moins compétitive que celle de l’Hexagone ». Ce constat, combiné aux normes européennes contraignantes, freine les opportunités d’approvisionnement régional, notamment depuis la République dominicaine pour les Antilles ou l’Afrique du Sud et la zone océan Indien pour La Réunion.

Alors que les consommateurs ultramarins subissent de plein fouet l’inflation alimentaire, les participants ont appelé à ne pas se tromper de cible. Selon eux, le problème réside moins dans les marges des distributeurs que dans des contraintes structurelles pesant sur toute la chaîne logistique. « Ce sont 60 millions de Français qui devraient porter collectivement le coût de l’éloignement des Outre-mer, pas seulement les habitants de nos îles », a conclu Stéphane Hayot.

Les parlementaires présents ont pris note de ces propositions. Reste à voir si ces pistes trouveront un écho dans les politiques publiques, alors que l’État n'a toujours pas de budget pour l'année prochaine et que la question de la continuité territoriale sur les produits de consommation n'a jamais suscité un réel intérêt auprès des gouvernement successifs...

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