CFDT Réunion : la justice annule la convocation du congrès de l'INTERCO sur fond de divisions

Le tribunal judiciaire de Saint-Denis a annulé la décision du conseil syndical d’INTERCO CFDT qui avait convoqué un congrès en octobre 2025. Rendue le 27 janvier dernier après une audience tenue fin novembre 2025, cette décision vient conforter le report annoncé quelques semaines auparavant par la CFDT Réunion. Elle montre aussi que les tensions sont toujours vives au sein du syndicat depuis la démission de Joël Dalleau fin 2024, voire depuis bien plus longtemps...
La décision de justice vient conforter une décision déjà prise par la CFDT Réunion. Dans un jugement rendu le 27 janvier 2026, le tribunal judiciaire de Saint-Denis a annulé la décision du conseil syndical du syndicat INTERCO CFDT du 7 août 2025 qui avait acté la convocation d’un congrès prévu le 10 octobre 2025.
L’affaire avait été examinée lors d’une audience tenue le 25 novembre 2025. Au cœur du dossier, une question de respect des statuts internes de l’organisation syndicale.
Délibération non valable
Selon ces règles, le conseil syndical ne peut délibérer valablement qu’en présence de la majorité de ses membres. Or la réunion du 7 août 2025 s’était tenue avec 16 conseillers présents alors que l’instance en compte 39. Le quorum n’étant pas atteint, la juridiction a estimé que la décision ne pouvait être considérée comme valable et a annulé la motion adoptée ce jour-là ainsi que les convocations adressées pour le congrès.
Dans sa décision, le tribunal a également condamné le syndicat INTERCO CFDT à verser 1.500 euros aux requérants au titre des frais de procédure, ainsi qu’aux dépens.
Mais c'est aussi un éclairage sur un contexte de fortes tensions internes au sein de la CFDT Réunion ces dernières années. Fin 2024, l’ancien secrétaire général du syndicat, Joël Dalleau, avait annoncé sa démission dans une lettre adressée aux sections syndicales de l’île, évoquant une « grande fatigue » après plusieurs années de conflits internes.
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Dans ce courrier, il dénonçait notamment des attaques personnelles, des rumeurs et des divisions au sein de l’organisation, ainsi que des « dysfonctionnements structurels » dans son fonctionnement. Son départ, effectif au 31 décembre 2024, avait ouvert une période de transition et relancé la question de l’organisation d’un congrès pour renouveler la direction du syndicat.
Cette décision intervient alors que la CFDT Réunion avait déjà annoncé le report de son congrès initialement prévu les 23 et 24 octobre 2025. Dans un communiqué adressé à ses adhérents et militants, l’organisation expliquait vouloir réunir les conditions nécessaires pour permettre un rassemblement plus large et pleinement représentatif de l’ensemble des syndicats CFDT présents sur l’île. On comprend mieux pourquoi aujourd'hui.
« Si un congrès est organisé dans des conditions irrégulières et qu’il est ensuite annulé, il faut tout recommencer »
Pour Expédit Lock-Fat, secrétaire général de la CFDT Réunion, la procédure engagée visait avant tout à rappeler les règles de fonctionnement interne de l’organisation. « L’objectif était de prouver un mauvais fonctionnement et de rappeler les règles prévues par les statuts », explique-t-il.
Les statuts de la CFDT prévoient notamment l’organisation régulière d’un congrès, considéré comme un moment central de la vie démocratique du syndicat. « Quand on est responsable syndical, c’est la base de la démocratie interne. On ne s’improvise pas un congrès », souligne le responsable syndical.
Pas de congrès de l'INTERCO depuis 2013... alors qu'il en faut un tous les quatre ans
Selon lui, la démarche visait également à éviter un risque juridique pour l’organisation. « Si un congrès est organisé dans des conditions irrégulières et qu’il est ensuite annulé, il faut tout recommencer. » Expédit Lock-Fat rappelle également que les statuts prévoient l’organisation d’un congrès de l'INTERCO tous les quatre ans. « Le dernier remonte à 2013 (sous l'ère Jean-Pierre Rivière, NDLR) », souligne le secrétaire général de la CFDT Réunion, estimant que cette situation rendait nécessaire une remise en conformité du fonctionnement interne.
La décision de justice ouvre désormais une nouvelle phase pour l’organisation syndicale. « Le jugement est récent et chacun est en train de l’analyser. Il faudra se mettre autour de la table », indique Expédit Lock-Fat.
L’objectif affiché reste l’organisation d’un congrès dans des conditions apaisées et conformes aux statuts. « Un congrès n’est pas fait pour se taper dessus. Il doit permettre de construire un projet pour la CFDT et d’être à l’écoute du terrain et des salariés dans les sections », ajoute-t-il.
Aucune date n’a pour l’heure été arrêtée pour la tenue de ce nouveau congrès, qui devra réunir l’ensemble des syndicats de l’organisation sur l’île afin de relancer son fonctionnement statutaire.


