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Condamné pour avoir immolé sa femme, Sofienne Hajji dans le box des assises pour un nouveau procès

Le trentenaire condamné à 15 ans de réclusion criminelle en août 2022 est rejugé à sa demande devant la cour d'assises ce lundi et jusqu'à demain. En mai 2018, son épouse rencontrée sur les réseaux sociaux et avec laquelle il s'était uni en secret en Tunisie avait succombé à de graves brûlures. L'accusé réfute la thèse du féminicide.
Ecrit par Isabelle Serre – le lundi 11 septembre 2023 à 06H18

Le 29 août 2022, Sofienne Hajji, accusé de violences volontaires ayant provoqué la mort de son épouse, Bergerette Baltimor, était condamné à 15 ans de réclusion criminelle et à une interdiction définitive de territoire français. Il comparaissait devant cinq magistrats professionnels, une composition destinée à juger les crimes passibles de 20 ans de prison. Le Tunisien a interjeté appel de cette décision et comparait aujourd'hui et demain devant la cour d’Assises pour un second procès.

En mai 2018, son épouse avait succombé à de graves brûlures. A l’issue d’une énième dispute de couple, l’intéressé avait expliqué que Bergerette s’était renversé de l’alcool ménager sur le corps avant d’y mettre volontairement le feu. Un désir d’enfant non exaucé était, selon l’époux rencontré sur les réseaux sociaux, à l’origine de ce geste désespéré. Bergie Baltimor, selon son entourage, avait beaucoup changé depuis qu’elle avait rencontré cet homme et s’était mariée en secret en Tunisie, et subissait probablement des violences psychologiques et physiques depuis que son époux était venu s’installer chez elle à Saint-Paul.

Selon plusieurs témoins qui connaissaient bien la victime, elle s’était progressivement isolée et se refermait brutalement lorsque la famille ou ses proches tentaient d’en savoir plus pour lui apporter du soutien.

Lors de l’audience devant la cour criminelle en août 2022, Sofienne Hajji, 38 ans, est apparu comme un homme froid et narcissique, livrant un discours comme "appris par coeur" sur les sentiments qu’il éprouvait vis-à-vis de son épouse.

Entre autres moments forts de l’audience criminelle justement, le témoignage de sa seconde épouse rencontrée dans l’Hexagone après le décès de Bergerette, victime, elle aussi, de violences conjugales. Les mots de cette seconde victime avaient donné un aperçu de la personnalité de Sofienne Hajji, ce qui n’a certainement pas joué en sa faveur.

Une peine de 20 ans de réclusion avait été requise par l’avocat général ainsi qu’une interdiction définitive de territoire français, un fait suffisamment rare pour qu’il soit souligné. Le verdict est attendu ce mardi après-midi.

Etiquettes : Assises | Sofienne Hajji

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