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Condamné à 1 an de prison, "c'est Noël avant Noël" lance-t-il au tribunal

Deux jeunes majeurs comparaissaient ce mercredi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de vol, de violences envers des gendarmes et d'outrage pour ne rien arranger à leur situation. Particulièrement irrévérencieux face aux magistrats, ils on été sèchement recadrés dès le début de l'audience.
Ecrit par Régis Labrousse – le mercredi 21 décembre 2022 à 17H18

Ibrahim A., 21 ans et Nathanael E., 20 ans se présentent devant le président d'audience, sourire aux lèvres et quelque peu décontractés. Rigolant lorsque celui-ci demande leur âge, il se font sèchement recadrer par le magistrat qui les remet direct dans l'axe. Au regard des faits, on comprend ensuite qu'il n'y a certainement pas lieu de pavaner. Ce lundi 19 décembre, ils se trouvent à la gare routière de Saint-Paul dans l'idée de dérober un téléphone à un jeune homme qu'ils ont soigneusement choisi : frêle et pas très grand, histoire qu'il se laisse faire.

Le premier lui parle pendant que le second lui soutire le précieux sésame qui est dans sa poche arrière. Une fois le larcin effectué, la victime alerte les gendarmes qui vont retrouver Ibrahim A. non loin de la gare. Il reconnaît les faits alors que le second larron ne tarde pas à le suivre en garde à vue. 

"Des fois je réfléchis trop, je m'énerve pour rien"

Après une nuit tout frais payé par l'Etat, les deux ont un réveil difficile. Ibrahim A. se met à taper partout dans la cellule et en profite pour insulter copieusement un militaire qui passe devant : "Fé bour à ou" lui lance-t-il en guise de bonjour. Le militaire rentre dans la geôle et se fait attraper par le cou par le gardé à vue. Il lui assène une clé de bras pour se défaire de la prise puis, avec l'aide d'un collègue, l'amène au sol pour le maîtriser. "Je me sentais trop enfermé. Des fois je réfléchis trop, je m'énerve pour rien", explique le prévenu à barre.

Dans la cellule d'à côté, son compère Nathanael E. s'y met aussi et insulte une militaire qui vient lui demander ce qu'il a, pensant qu'il n'allait pas bien : "J'en ai rien à f****e, je ne répondrai pas", balance le jeune homme. "A ou lé une grosse connasse. Ou na la chance d'être une femme sinon mi n'aurait marche su out gueule" ajoute-t-il en guise de remerciement. 

"Il va falloir qu'il assume ses actes. C'est pas parce que je suis une femme que je vais accepter de me laisser marcher sur la gueule", témoigne la militaire devant le tribunal. Pas très malin de la part de Nathanael E. qui sortait libre de garde à vue pour un vol, le 16 décembre dernier, jurant au parquet qu'il voulait se ranger dans le droit chemin. Pas de chance pour lui, c'est le même procureur qui est à l'audience ce mercredi. Il doit aussi répondre de dégradation de bien pour avoir lancé un galet sur un bus après avoir vomi dedans tellement il avait bu. Le chauffeur voulant lui faire nettoyer le bus, Nathanael E. s'était énervé puis enfui avant de lancer le galet pour se venger. 

"Ils se sentaient enfermés mais ils voulaient quoi ? Un café et des croissants ?"

"L'interpellation se passe bien mais tout dérape lors de la garde à vue. Ibrahim A. blesse un gendarme et insulte tout le monde. Nathanael E. va faire la même chose en insultant une militaire qui pensait qu'il avait un problème alors qu'ils sont là pour un vol. Ils se sentaient enfermés mais ils voulaient quoi ? Un café et des croissants ?", fustige le parquet qui requiert 2 ans de prison dont 6 mois de sursis probatoire pour Ibrahim A., puis 1 an de prison dont 4 mois de sursis probatoire pour Nathanael E. ainsi que la révocation d'un sursis de 4 mois. Le parquet demande une incarcération immédiate pour les deux. 

"Ils reconnaissent les faits. Ils ont déjà été incarcérés tous les deux mais n'ont pas eu la chance de préparer leur sortie. Ils peinent à se réinsérer car ils sont dans des situations sociales alarmantes", plaide la défense.

Après délibération, le tribunal condamne Ibrahim A. à 18 mois de prison dont 6 mois assortis d'un sursis et Nathanael E. à 12 mois dont 4 avec sursis. Il voit 4 mois d'un sursis en cours révoqué. Il est prononcé un mandat de dépôt pour les deux compères. "C'est Noël avant Noël", ricane Nathanael E. en signant son suivi probatoire. 

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