Conclave des retraites : une ultime réunion sous tension le 23 juin pour éviter l’échec

Après l’échec des négociations mardi 17 juin, syndicats et patronat se donnent une dernière chance pour aboutir à un compromis sur la réforme des retraites. Une réunion décisive est prévue le 23 juin alors que les points de blocage restent nombreux.
Pas de fumée blanche mardi 17 juin à l’issue de plus de douze heures de discussions entre syndicats et patronat. Le conclave, censé permettre des ajustements à la réforme des retraites de 2023, s’est achevé sur un constat d’échec. « On a flirté toute la journée avec l’échec, cela a tenu à un fil », a reconnu Yvan Ricordeau de la CFDT. Le Premier ministre François Bayrou, à l’origine de cette initiative, a accepté qu’un délai supplémentaire soit accordé bien que la date butoir était fixée au 17 juin.
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Une dernière réunion est donc programmée le 23 juin, dans l’espoir d’un compromis de la dernière chance.
Cette ultime réunion, proposée par le médiateur Jean-Jacques Marette, se tiendra dans un climat incertain. Le Medef n’a pas confirmé sa venue. Son président, Patrick Martin, s’est dit « très réservé ». La CFTC, en colère face à la tournure des discussions, n’exclut pas de ne participer qu’en partie. La CFE-CGC doit consulter ses instances. Seule la CPME a fait savoir qu’elle sera présente, mais avec des « lignes rouges » fermes.
Trois points de blocage majeurs
Les discussions achoppent sur trois sujets. D’abord, la pénibilité. Les syndicats veulent ouvrir des droits à la retraite anticipée pour les métiers physiques. Le patronat semble accepter l’idée d’un compte pénibilité élargi à certaines contraintes, mais aucun accord n’a été formalisé.
Deuxième point de blocage : l’âge de départ sans décote. Actuellement fixé à 67 ans, la CFTC réclame son abaissement à 66. Une piste de compromis autour de 66 ans et demi est à l’étude.
Enfin, le financement divise profondément. Le Medef s’oppose à toute hausse de cotisation. Des alternatives sont envisagées, comme une sous-indexation temporaire des retraites ou une hausse ciblée de la CSG sur les pensions élevées.
Quelques avancées sur la table du conclave
Les mesures en faveur des femmes font consensus. Une réforme du calcul des pensions pourrait être actée, permettant de prendre en compte les 24 ou 23 meilleures années pour les mères de un ou deux enfants.
En revanche, la prime senior, un temps évoquée pour inciter les salariés à repousser leur départ, a été abandonnée. Ni les syndicats ni le patronat n’en voulaient.
François Bayrou face à un test politique
Ce conclave a été instauré pour atténuer la contestation sociale autour de la réforme des retraites. Pour François Bayrou, il représente une tentative de redonner du sens au dialogue social. Il s’est engagé à ne rien relancer sans accord entre les partenaires. L’échec de cette démarche serait un revers politique de plus, alors que le déficit du système est estimé à 6,6 milliards d’euros d’ici 2030.
La réunion du 23 juin pourrait ainsi marquer un tournant décisif. Soit vers un compromis fragile, soit vers un constat d’échec lourd de conséquences pour l’exécutif.
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