Collectif des Jardins de Manapany : réponse appuyée à Patrick Lebreton sur le projet hôtelier

Le collectif des Usagers des Jardins de Manapany réagit aux déclarations du maire de Saint-Joseph sur le projet hôtelier Manapany Bay et l’avenir du site. Dans une lettre ouverte, il conteste plusieurs affirmations municipales et réaffirme ses inquiétudes sur l’accès au lieu, l’environnement et la transparence du dossier.
Le débat autour des Jardins de Manapany se poursuit à Saint-Joseph. Après les prises de parole du maire Patrick Lebreton sur le futur projet hôtelier et sur la transformation du site en espace dédié à la biodiversité, le collectif des Usagers des Jardins de Manapany a décidé de répondre publiquement. Dans une lettre ouverte adressée à l’édile, les riverains entendent clarifier leur position et dénoncer ce qu’ils considèrent comme des approximations ou des incompréhensions autour de leur mobilisation.
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Le collectif insiste d’abord sur le caractère non partisan de son engagement. Il affirme ne pas s’inscrire dans une stratégie électorale à l’approche des municipales, tout en regrettant que le sujet soit parfois présenté sous cet angle. Selon ses membres, leur démarche vise uniquement à préserver un espace qu’ils jugent essentiel pour la population locale, tant sur le plan environnemental que social.
Au cœur des tensions figure le projet hôtelier Manapany Bay. Le collectif souligne n’avoir jamais soutenu l’idée que l’hôtel serait construit directement sur les anciens jardins. En revanche, il rappelle que l’annonce de ce projet est intervenue au moment même de la fermeture du site au public, ce qui a nourri les inquiétudes et suscité la mobilisation des habitants. Pour eux, cette concomitance continue d’alimenter un climat de méfiance.
Accès au site et enjeux environnementaux
La question de l’accès public reste centrale. Les riverains défendent l’idée que les Jardins de Manapany constituent un espace de respiration pour les habitants du quartier et plus largement pour la population du Sud. Ils évoquent un lieu de promenade, de détente familiale et de rencontre sociale, mais aussi un site apprécié des visiteurs.
Concernant la protection du gecko vert de Manapany, espèce emblématique et protégée, le collectif dit partager l’objectif de préservation mais conteste la méthode. Selon lui, la fermeture totale du site ne constitue pas forcément la solution la plus efficace. Les membres évoquent d’autres facteurs de pression environnementale : urbanisation du secteur, présence de prédateurs comme les rats ou les chats errants, ou encore fréquentation humaine mal encadrée. Ils plaident plutôt pour une gestion raisonnée conciliant protection écologique et accès du public.
Le collectif met également en avant un sentiment de manque de concertation. Il estime que les habitants auraient dû être davantage associés aux décisions concernant l’avenir du site, notamment lors de la transformation en espace pédagogique autour de la biodiversité.
Un dossier désormais sur le terrain juridique
Au-delà du débat public, la question est désormais portée devant la justice administrative. Le collectif indique avoir engagé une procédure afin de faire reconnaître le caractère public des jardins et contester certaines décisions prises autour du site. Cette démarche judiciaire vise, selon ses représentants, à obtenir davantage de transparence et à clarifier les droits d’usage.
Cette mobilisation intervient dans un contexte plus large où la municipalité met en avant un développement touristique qu’elle présente comme maîtrisé, avec un projet hôtelier annoncé à proximité et présenté comme créateur d’emplois. Une orientation qui ne convainc pas totalement les riverains, soucieux de préserver l’identité environnementale et sociale du quartier.
Le dossier des Jardins de Manapany reste ainsi un sujet sensible à Saint-Joseph. Entre ambitions touristiques, enjeux écologiques et attentes des habitants, la situation continue d’alimenter le débat public, avec désormais un volet judiciaire qui pourrait peser sur la suite du projet.


