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Hôtel Manapany Bay : Patrick Lebreton clarifie et assume le projet

Ecrit par A.D. sur place avec J.D. – le vendredi 23 janvier 2026 à 06H53

Lors de ses vœux à la presse organisés à la Maison du gecko, à Manapany-les-Bains, le maire de Saint-Joseph a tenu à lever toute ambiguïté autour du projet hôtelier annoncé dans le secteur. Oui, un hôtel verra bien le jour à Manapany, mais pas sur le site des anciens jardins. Une prise de parole plus large, marquée par un bilan de mandature et des inquiétudes budgétaires.

C’est dans un lieu hautement symbolique que Patrick Lebreton a choisi de s’exprimer. La Maison du gecko, anciennement connue comme les Jardins de Manapany, a longtemps cristallisé les tensions locales, notamment à partir de 2020, lorsque des collectifs d’usagers dénonçaient la fermeture du site et redoutaient l’implantation d’un hôtel. Une rumeur persistante que le maire a tenu à déconstruire, tout en assumant désormais clairement la réalité d’un projet hôtelier… ailleurs.

Le site des jardins, lui, est présenté comme définitivement sanctuarisé. Rebaptisé Maison du gecko, sur une proposition issue du conseil municipal des enfants, il est devenu un espace protégé dédié au gecko vert de Manapany, intégré aux parcours pédagogiques des écoles et aux actions de sensibilisation à la biodiversité. Un renversement de symbole pour un lieu autrefois pointé pour les nuisances qu’il générait auprès des riverains.

Ouverture prévue en 2027

Le futur hôtel baptisé Manapany Bay doit quant à lui voir le jour un peu plus haut, sur un terrain aujourd’hui en friche. Porté par Jean-Patrick Dijoux, déjà à la tête d’un établissement hôtelier à Saint-Pierre, le projet prévoit dans un premier temps 36 chambres réparties en six îlots, avec une montée en puissance possible à 50 ou 60 chambres. Un quatre étoiles dont les travaux sont annoncés pour le mois de mars, pour une ouverture envisagée courant 2027, et la création d’une trentaine d’emplois. Un développement que la municipalité présente comme maîtrisé, à taille humaine, et accompagné d’un aménagement paysager spécifique.

Dans cette logique, un corridor écologique doit être aménagé afin de favoriser l’extension du territoire du gecko vert. Une approche qui dépasse le seul quartier de Manapany et s’étend au tracé du troisième tronçon de la contournante, où une réserve environnementale est prévue après l’identification de nouvelles zones de présence de l’espèce. Un dossier aujourd’hui ralenti par une étude environnementale pilotée au niveau national, malgré un financement régional déjà provisionné.

Une mandature atypique

Profitant de cette séquence, le maire a élargi son propos à un contexte bien plus large. La mandature 2020-2026 est décrite comme profondément atypique, marquée par la crise sanitaire, les confinements, l’arrêt de nombreux chantiers et une entrée en fonction retardée de plusieurs mois. À ces contraintes se sont ajoutées, au fil des années, une instabilité politique nationale persistante et des incertitudes budgétaires devenues structurelles pour les collectivités.

Le sujet des parcours emploi compétences a notamment été mis en avant comme l’un des points de tension majeurs. La baisse progressive des notifications, puis l’absence de visibilité sur leur reconduction, oblige la commune à envisager des scénarios dégradés pour les années à venir, avec des conséquences directes sur le fonctionnement des écoles, des services municipaux et du CCAS. Une situation que la municipalité anticipe désormais dans sa construction budgétaire.

25 ans d'engagement

Sur un plan plus global, le maire a également évoqué un environnement international jugé de plus en plus instable depuis le retour de Donald Trump à la tête des États-Unis, avec des répercussions indirectes jusque dans l’océan Indien. Le dossier des Chagos a été cité comme un exemple de ces équilibres géopolitiques fragiles, rappelant que les territoires ultramarins ne sont pas à l’écart des tensions mondiales.

Face à ces incertitudes, la commune revendique une ligne de continuité. Le bilan mis en avant repose sur près de 25 ans d’engagement municipal, avec des investissements structurants dans l’eau potable, la rénovation et la construction d’écoles, le logement social, la maîtrise de l’urbanisation et le développement culturel. L’année 2025 à elle seule a concentré plus de 8,5 millions d’euros d’investissements, malgré un contexte financier contraint.

Le cas de Pierrefonds

Le dossier de l’aéroport de Pierrefonds a également été évoqué comme l’un des angles morts des politiques publiques menées dans le Sud. Le maire a rappelé que ce projet ne peut être dissocié de son histoire ni des choix opérés ces dernières années au niveau intercommunal. Selon lui, la transformation du projet initial en un schéma davantage politisé a profondément modifié ses équilibres économiques, éloignant l’objectif d’un équipement structurant au service de l’ensemble du territoire.

La question de la gouvernance est posée sans détour. Le transfert de la compétence d’aménagement, les orientations prises par la Civis et les tensions entre collectivités ont conduit, selon la municipalité, à une impasse stratégique. Une situation qui appelle désormais à une remise à plat du modèle, avec l’idée d’un fonctionnement plus cohérent à l’échelle du Sud, voire d’une articulation plus claire avec l’aéroport Roland-Garros, dans une vision globale du transport aérien réunionnais.

Dans ce contexte, la commune plaide pour une réponse proportionnée et pragmatique concernant l’avenir de Pierrefonds, estimant que son développement ne peut se faire isolément. La relance du site passerait notamment par l’identification d’une activité aérienne pérenne, par un positionnement clair des compagnies et par un rôle renforcé de l’État, notamment sur les missions de sécurité civile. Autant de conditions jugées indispensables pour sortir le dossier de l’impasse actuelle.

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