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Cirest : Pas de guerre de l'eau mais encore quelques crispations

Les conseils communautaires de la Cirest se suivent et se ressemblent. Le dernier épisode en date s'est déroulé ce mardi : pourtant d'accord comme la majorité des élus sur la question du futur mode de gestion de l'eau de la collectivité, Patrice Selly et Joé Bédier ont tout de même trouvé le moyen de s'envoyer quelques piques.
Ecrit par Samuel Irlepenne – le mercredi 18 octobre 2023 à 17H59

Cirest : Le combat pour la présidence est annulé

Peu avant la délibération de ce rapport, le conseil a tout d'abord débuté par les félicitations des élus communautaires à l'attention de Sidoleine Papaya, élue maire de Salazie samedi dernier, et par le remplacement de Ludovic Alamélou par Bertrand Picard, qui prend sa suite à la mairie de Bras-Panon et au sein d'autres organismes comme SMTR ou Côté Est (ex-Oti Est).

Mais le gros dossier à l'ordre du jour de ce conseil communautaire était bien le rapport sur le choix de gestion de l'eau potable et de l'assainissement à compter de 2025. Un choix qui intervient suite à des études menées par la Cirest sur les différents modes de gestion existants, entre une délégation de service public (DSP) et une régie directe.

"Obtenir le prix le plus juste"

Pour rappel, les contrats existants aujourd'hui ont démarré à une époque où la compétence était encore dévolue aux communes. La Cirest ayant repris la compétence eau et assainissement en 2020, l'EPCI cherche à travers ce nouveau contrat à harmoniser le mode de gestion pour l'ensemble des communes membres pour optimiser les coûts et essayer d'obtenir le prix "le plus juste", assure la présidence.

Pour assurer la continuité des services, le nouveau gestionnaire devra être en place au 1er janvier 2025, pour l’eau potable à Saint André et Salazie, et pour l’assainissement collectif à Saint-André. Ce nouveau gestionnaire devra également être en place au 1er Janvier 2027 pour les services d’eau potable et d’assainissement collectif de Bras-Panon et de Saint-Benoît. Les services de Sainte-Rose et de La Plaine-des-Palmistes sont actuellement assurés en régie directe.

"Il apparaît que le mode de gestion le plus approprié et le plus avantageux, aussi bien pour la Cirest que les abonnés, est celui de la DSP", indique Patrice Selly, qui se félicite d'un vote quasi-unanime des élus sur ce dossier et notamment de ceux de la majorité saint-andréenne, avec qui les relations sont glaciales depuis plusieurs mois. En effet, l'intercommunalité assure que le choix en concession de service public permettrait une économie d'au moins 10% en charge d'exploitation par rapport à une régie directe.

Joé Bédier sur la question de l'eau : "On va s'en mordre les doigts"

Si sur le fond, Joé Bédier et ses élus rejoignent la position de la présidence de la Cirest pour la mise en place d'une DSP, le maire de Saint-André se montre tout de même critique sur le choix fait par certaines collectivités de "privilégier la construction de routes dans l'île" en lieu et place de l'amélioration des réseaux d'eau. Si la région Est est depuis toujours la plus arrosée de l'île, elle fait face comme bon nombre de ses communes à des périodes de sécheresse, chose encore impensable il y a encore quelques années. "Si on ne traite pas ce sujet de l'eau, on va s'en mordre les doigts", s'inquiète l'édile saint-andréen qui plaide pour la tenue d'Assises de l'eau dans l'île avec l'État. Le maire de Saint-André est rejoint dans son appel par le premier vice-président de la Cirest et élu de Sainte-Rose, Dominique Panamballom. Ce dernier tient tout de même à rappeler que c'est avant tout "la vétusté des réseaux" qui est à pointer du doigt "et non un problème de ressources" : "75% de perte d'eau à Sainte-Rose ce n'est pas entendable", persiste l'élu sainte-rosien.

Rebondissant sur les dires de Joé Bédier, Patrice Selly rappelle au maire de Saint-André que sa commune a elle-même fait "le choix des routes au détriment des réseaux" concernant les travaux NPRNU (Nouveau Programme de Renouvellement Urbain) de l'Avenue de Bourbon. "La commune de Saint-André a par exemple demandé à la Cirest de ne pas toucher aux réseaux pour ne pas ralentir les travaux. On peut avoir tous les beaux discours qu'on veut et agir différemment. En tout cas le question est posée", glisse sèchement le président de la Cirest à son homologue saint-andréen.

Quelque peu décontenancé par la remarque de Patrice Selly, Joé Bédier tient alors à clarifier ses propos, assurant ne pas viser les projets de la Cirest mais les projets routiers à l'échelle de l'île, portés aussi bien par le Département ("comme pour son projet de Route des hauts de l'Est - RHE") que la Région "à travers la NRL".

Si de l'eau a coulé sous les ponts depuis quelques mois et malgré une cordialité de façade, la hache de guerre est loin d'être enterrée entre les deux hommes forts de l'Est qui ne cessent de se rendre coup pour coup. Jusqu'à quand ?

Etiquettes : Cirest | Eau | Joé Bédier | Patrice Selly

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