"Un bon requin est un requin mort" : ces défenseurs du squale attaquent une nouvelle fois la préfecture

La crise requins ne se joue plus seulement dans l'océan. Elle continue aussi devant les tribunaux et dans le débat public. Deux mois après avoir demandé une médiation avec le préfet de La Réunion sur les opérations de prélèvement de requins, le collectif "Requins en danger" affirme n'avoir reçu aucune réponse. Les associations annoncent désormais leur intention de reprendre le combat judiciaire.
Le dossier requins semble condamné à rejouer éternellement le même scénario.
Avec, pour rappel, d'un côté, les pouvoirs publics mettent en avant la sécurité des usagers de la mer et poursuivent les opérations de prélèvement de requins tigres et bouledogues engagées depuis 2014. De l'autre, les associations de protection de l'environnement dénoncent une politique qu'elles jugent inefficace sur le plan scientifique et destructrice pour la biodiversité.
Entre les deux, le dialogue paraît plus compliqué que jamais.
"Sans réponse"
Dans un communiqué publié ce mardi 16 juin, le collectif "Requins en danger à La Réunion", qui rassemble les associations Vagues, Longitude 181, Sea Shepherd, Vie Océane et Le Taille-Vent, affirme avoir sollicité le préfet Patrice Latron dès le 24 mars afin d'engager une médiation sur les campagnes d'abattage des requins.
Selon les associations, cette demande, réceptionnée le 1er avril, est restée "sans réponse malgré plusieurs relances téléphoniques".
"Deux mois se sont écoulés, la médiation n'aura donc pas lieu", regrettent les membres du collectif, qui dénoncent "une politique de la porte fermée".
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Les associations assurent qu'elles étaient prêtes à discuter "des enjeux de sécurité publique", des contraintes de l'État, mais aussi de leurs propres propositions pour sortir d'une crise qu'elles qualifient à la fois d'"écologique, politique et sociétale". Selon elles, cette médiation aurait permis d'échanger "dans le respect, dans l'écoute et dans la négociation d'un éventail de solutions".
Le ton se durcit toutefois au fil du communiqué.
Le collectif évoque "l'indifférence", le "mépris" et "l'impolitesse" de l'État, estimant que les associations environnementales "ne doivent pas être entendues". Il accuse également les autorités de confondre "autorité et autoritarisme".
"Fatigue administrative"
Faute de dialogue, les associations annoncent désormais un retour devant les juridictions administratives.
"Nous allons repartir au combat ; pour les requins, la biodiversité, l'océan, la vie, nos enfants et ceux des générations futures. Nous sommes prêts", écrivent-elles, affirmant poursuivre leur mobilisation malgré "l'usure, la fatigue administrative, les difficultés financières, juridiques, humaines et morales".
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Depuis plus de quinze ans, la gestion du risque requin oppose régulièrement associations écologistes, usagers de la mer, scientifiques et pouvoirs publics. Si les méthodes divergent, tous partagent pourtant un même constat, à savoir que la coexistence entre les activités humaines et les grands prédateurs marins demeure l'un des dossiers les plus sensibles.
Et rien n'indique, pour l'instant, que le débat soit près de s'apaiser.


