"Derrière les caméras, les micros ou les bancs de montage, il y a des parcours de vie" : Et si le cinéma permettait de retrouver un emploi ?

On imagine souvent le cinéma comme une affaire de tapis rouges, de stars et de festivals. À Saint-Denis, il est surtout question d'insertion professionnelle. Avec Campus Kourmétraz, la Ville et l'association Cinékour proposent à des jeunes éloignés de l'emploi de découvrir les métiers de l'audiovisuel à travers une année de formation et d'immersion sur le terrain.
On entre rarement dans le monde du cinéma par la grande porte.
La plupart du temps, tout commence derrière une caméra, au bout d'un câble, dans une salle de montage ou sur un plateau où personne ne connaît encore votre nom. C'est précisément cette première marche que veut offrir Campus Kourmétraz, dont les nouveaux locaux ont été inaugurés à Saint-François, à Saint-Denis.
Apprendre en faisant
Porté par l'association Cinékour, en partenariat avec la Ville de Saint-Denis, cet Atelier Chantier d'Insertion (ACI) accueille sa deuxième promotion. Sept salariés en insertion y suivront, pendant douze mois, un parcours mêlant apprentissage, accompagnement socioprofessionnel et immersion dans le monde du cinéma et de l'audiovisuel.
L'idée est donc d'apprendre en faisant.
Réalisation, prise de vue, prise de son, montage, production, participation à de véritables tournages… La formation privilégie la pratique afin de permettre aux participants de découvrir toute la diversité des métiers qui existent derrière les écrans.
"Derrière les caméras, les micros ou les bancs de montage, il y a des parcours de vie. Des Dionysiens en recherche d'un emploi, d'une formation ou, tout simplement, d'un nouveau départ", précise-t-on.
Pour la municipalité, ce dispositif s'inscrit dans une politique plus large menée depuis 2020 autour de l'insertion professionnelle.
La Ville rappelle avoir accompagné plus de 2.300 Dionysiens à travers 215 Ateliers Chantiers d'Insertion, tandis que plus de 5.000 personnes ont bénéficié d'un Parcours Emploi Compétences (PEC). Au total, 31 millions d'euros ont été mobilisés pour soutenir ces dispositifs, qui ont permis d'accompagner plus de 86.000 habitants dans leur parcours vers l'emploi.
Equilibre menacé
La maire, Ericka Bareigts, revendique cette stratégie malgré un contexte budgétaire plus contraint.
"Nous maintenons un cap collectif fort pour ne laisser personne sur le bord du chemin", affirme-t-elle. Elle regrette toutefois que "l'équilibre que nous avons est aujourd'hui menacé par des décisions nationales, telles que la baisse des contrats PEC". Face à cette situation, assure-t-elle, la Ville fait "le choix clair de résister, d'alerter et d'agir, tout en continuant à soutenir des dispositifs innovants qui redonnent confiance, ouvrent des perspectives d'avenir".


