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Chronique judiciaire : Alcool, violence et misère sociale de nouveau à la barre

Ce mardi 12 mars 2024, plusieurs procès se sont déroulés au tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Retour sur trois affaires marquantes de cette séance.
Ecrit par G.D. – le mercredi 13 mars 2024 à 06H03

Un lynchage pour la nouvelle année

Le 1ᵉʳ janvier dernier, John fête le jour de l'An chez sa sœur. Toute la famille vit dans la maison sur le même terrain familial. Vers 2h du matin, Karine*, la compagne de John, veut rentrer. Alcoolisé, John ne veut pas arrêter la fête et va le faire payer à la mère de son fils. Une fois rentré, il va se déchaîner sur elle. Terrifié, leur enfant de 10 ans va appeler le reste de la famille à l'aide.

Malheureusement, ces derniers ne sont pas venus pour calmer les choses. Avec la peur et la douleur, la victime va se déféquer dessus. John et sa sœur vont avoir la perversité de l'empêcher d'aller se laver. Finalement, c'est le père de John qui va extraire la victime de ce bourbier et la déposer ailleurs.

John va avouer qu'il est jaloux et qu'il n'a pas supporté qu'elle tire sur sa chemise pour rentrer. Il est condamné à 6 mois de prison avec sursis, doit effectuer une sensibilisation aux violences intrafamiliales et doit verser 1000 euros au titre du préjudice moral.

Schizophrénie, violences et misère sociale

Difficile de ne pas avoir un pincement au cœur en voyant Noah*, tout heureux de voir son papa à qui il a été retiré pour des violences. Le pincement au cœur s'accentue en apprenant que la mère du garçon souffre de schizophrénie, longtemps mal soignée, et que le petit est touché par un syndrome d'alcoolisation fœtale.

Le 26 août 2022, Julia*, la mère de Noah, se présente à la gendarmerie pour porter plainte contre Jean. Elle est en pleine crise de décompensation et accuse son mari de plusieurs faits de violence. Bien que ne pouvant pas prendre la plainte en raison de son état, les gendarmes du Tampon vont quand même enquêter et découvrir que le père exerce bien des violences contre sa femme et surtout son enfant.

S'il reconnaît quelques fessées et parfois "frotter la ceinture sur Noah pour le calmer", c'est bien des violences qui sont exercées contre l'enfant, placé en famille d'accueil depuis. Lors de l'enquête, les médecins s'aperçoivent que le traitement de Julia est mal dosé.

"C'est fini ces principes du 19ᵉ siècle", s'emporte le procureur - rappelons tout de même que la violence envers les animaux n'en demeure pas moins inacceptable, ndlr. Il requiert 70h de travail d'intérêt général à effectuer dans les 18 mois, sous peine d'être commué en 3 mois de prison. Finalement, la présidente du tribunal va le condamner à 6 mois de prison avec sursis, 1000 euros de dédommagements pour Noah et 1 euro symbolique pour Julia.

Il accuse sa fille de 10 ans de mentir

Pierre a un gros problème avec l'alcool et les stupéfiants et compte plusieurs condamnations en lien avec ses addictions. Le 12 juin 2023, il est déjà saoul en début d'après-midi et picole encore avec ses amis. Sa fille de 10 ans va appeler les gendarmes, expliquant que son père se fait taper dessus.

Lorsque les forces de l'ordre arrivent, elles constatent une situation catastrophique. La petite fille est livrée à elle-même dans un taudis et les a appelés pour l'aider. Face à cette situation, les gendarmes vont alors la prendre pour l'emmener loin du risque. Ils découvrent également du zamal dans la maison. Alors que les gendarmes partent avec la petite, Pierre les poursuit en les insultant. Il est tellement saoul qu'il tombe tout seul à plusieurs reprises.

À la barre du tribunal, Pierre est jugé pour consommation de stupéfiants, état d'ivresse sur la voie publique et rébellion. Il ne va pas hésiter à traiter sa fille de menteuse. Des propos qui vont mettre en colère la présidente du tribunal qui ne veut plus l'entendre. Il est condamné à 12 mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans. Il a par ailleurs une obligation de soins pour ses addictions.

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