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Chagos : après la déportation, Olivier Bancoult pose le débat de la réparation

Ecrit par T.L. – le jeudi 10 avril 2025 à 05H46
Olivier Bancoult et Julie Pontalba.

De passage dans l'île, Olivier Bancoult s'est félicité de la signature imminente d'un accord avec la Grande-Bretagne pour la rétrocession des îles Salomon et Peros Banhos. Le président du Groupe Réfugiés Chagos se projette sur la réparation des violations des droits humains subies.

L'heure est venue de panser les blessures et de préparer le retour sur l'archipel pour les familles chagossiennes et leurs soutiens réunionnais. Cette semaine, 16 enfants chagossiens âgés de 8 à 16 ans effectuent une tournée dans les écoles de l'île pour présenter le séga tambour des Chagos, inscrit, comme le maloya, au patrimoine immatériel de l'Unesco.

Une musique « reconnue comme nécessitant une sauvegarde urgente » a rappelé ce mercredi 9 avril Julie Pontalba, la présidente du Mouvement réunionnais pour la paix, lors d'une conférence de presse organisée en présence de trois Chagossiens, dont le président du Groupe Réfugiés Chagos Olivier Bancoult.

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Selon lui, la population chagossienne exilée entre Maurice, les Seychelles et le Royaume-Uni s'élève aujourd'hui à moins de 10.000 personnes. Celles-ci pourront prétendre à revenir s'installer sur les îles Peros Banhos et Salomon si l'accord de rétrocession de l'archipel des Chagos entre la Grande-Bretagne et Maurice est prochainement signé, comme l'annoncent les médias des deux pays.

Il n'est toujours pas question, en revanche, de poser les pieds sur l'île de Diego Garcia, érigée en puissante base militaire US depuis 1971.

Le 1er avril dernier, un porte-parole du premier ministre anglais Keir Starmer a confirmé au média britannique The Independent que Donald Trump avait validé l'accord de rétrocession des Chagos, actuellement en cours de finalisation.

Reconstruire un habitat sur les îles Chagos

« On avait tous très peur de Donald Trump, on se disait que jamais il n'allait accepter que les Anglais fassent un deal avec les Mauriciens. Mais on a vu à la télé le cordial échange entre Starmer et Trump », se réjouit Olivier Bancoult.

Depuis que la Cour internationale de justice a tranché que « le Royaume-Uni est tenu, dans les plus brefs délais, de mettre fin à son administration de l’archipel des Chagos », les Chagossiens et leurs descendants ont repris espoir de pouvoir fouler le sol de l'archipel. Mais il faut désormais songer à la façon de reconstruire un habitat durable sur les îles cartes postales Peros Banhos et Salomon, abandonnées depuis 50 ans.

« La CIJ nous a donné raison, pas seulement sur l'aspect violation du sol. Il y a aussi la violation des droits humains. On ne peut pas expulser quelqu'un pour installer une base militaire », insiste Olivier Bancoult, qui annonce la tenue d'un séminaire les 26 et 27 juin à Grand Baie (Maurice) avec des chercheurs américains ou sud-africains afin de travailler sur la reconstruction de l'archipel des Chagos.

La question de la réparation financière reste à éclaircir : si le gouvernement mauricien va bien percevoir une compensation des Britanniques, difficile de savoir comment sera utilisé cet argent, et quelle part sera attribuée au dédommagement des Chagossiens.

« Pour nous, la réparation est financière mais il y a aussi l'aspect du relogement, celui de l'encouragement à l'éducation ou à la formation. On travaille avec le gouvernement sur des projets de réparation », assure Olivier Bancoult qui plaide pour une gouvernance autonome, à la manière de celle en place à Rodrigues.

Etiquettes : Chagos

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