Carburants : les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme face à une hausse “brutale”

La flambée des prix des carburants depuis le 1er avril inquiète fortement le monde agricole réunionnais. La Chambre d’agriculture évoque une menace directe sur la viabilité de nombreuses exploitations.
La hausse des carburants ne passe pas. Depuis le 1er avril, les nouveaux tarifs s’imposent brutalement dans le quotidien des exploitants agricoles, déjà fragilisés par une accumulation de charges. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, la Chambre d’agriculture de La Réunion alerte sur une situation qu’elle juge “critique”, évoquant même un risque d’asphyxie pour certaines exploitations.
Dans le détail, les prix s’envolent : le gazole atteint désormais 1,77 euro le litre (+0,52 euro en un mois), le sans-plomb 1,96 euro (+0,42 euro) et surtout le gazole non routier (GNR), indispensable aux activités agricoles, grimpe à 1,23 euro, soit une hausse de 64 % en un mois. Un choc d’autant plus violent que ce carburant alimente les engins agricoles, les systèmes d’irrigation ou encore les transports internes.
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Pour les exploitants, la facture est immédiate. Sur une exploitation moyenne, cela représente plusieurs milliers d’euros de charges supplémentaires, non anticipées, dans un contexte déjà tendu. Les filières les plus mécanisées, comme la canne à sucre, le maraîchage ou l’élevage, sont en première ligne, avec des trésoreries qui pourraient rapidement basculer.
La Chambre d’agriculture redoute une fragilisation massive des exploitations
Car au-delà du carburant, c’est l’ensemble du modèle économique qui vacille. Les agriculteurs doivent déjà composer avec la hausse persistante des intrants – engrais, produits phytosanitaires, alimentation animale – elle-même alimentée par le coût du transport maritime. Sur une île dépendante à plus de 80 % des importations, l’effet est démultiplié. Résultat : un véritable effet ciseaux, entre des charges qui explosent et des prix de vente qui stagnent.
À court terme, la Chambre d’agriculture redoute une fragilisation massive des exploitations. À moyen terme, elle évoque un risque de recul de la production locale, avec des conséquences directes sur l’emploi et la souveraineté alimentaire de l’île.
Autre point de crispation : l’absence, pour l’heure, de déclinaison locale des mesures annoncées au niveau national. Aucune rencontre officielle n’a encore été organisée avec les autorités, alors même que La Réunion apparaît particulièrement exposée à ce choc pétrolier.
Face à l’urgence, la Chambre d’agriculture assure vouloir engager rapidement des discussions avec l’État et les collectivités pour obtenir des réponses adaptées aux réalités du territoire.
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