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Cantonales – Vanessa Miranville : « Il n’y a pas de transparence à la Possession »

Réélu en mars 2004 conseiller général, Roland Robert, également maire de la Possession semble toujours bénéficier d'un puissant ancrage sur la commune du nord-ouest. Sans véritable opposition crédible sur son territoire depuis des décennies, qui plus est dans une commune qui fait figure de bastion communiste, Roland Robert aura à affronter un nouveau défi en mars prochain, celui de la jeunesse décomplexée incarnée par la médiatique Vanessa Miranville d'Europe Ecologie.

Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 21 octobre 2010 à 05H01

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Jeune enseignante au collège Raymond Vergès de la Possession, Vanessa Miranville s’apprête à se lancer dans la bataille des cantonales. Pour répondre à l’ordre de marche, elle recueille petit à petit les avis des habitants de son canton. Questionnaires distillés sur le marché forain, porte à porte improvisés par des sympathisants, la « candidate à la candidature » d’Europe Ecologie/les Verts tentera de renverser une montagne en mars prochain pour le renouvellement du canton de la Possession. Une élection qui aura valeur de test pour la jeune femme qui se présentera en son nom cette fois-ci. Entretien avec Vanessa Miranville.

Z’infos974 : Allez-vous vous lancer dans la bataille des cantonales de 2011 ?
Vanessa Miranville : « Je suis en effet candidate à la candidature d’Europe Ecologie/les Verts ».

Comment se déroulera la désignation des candidats d’Europe Ecologie pour les cantons renouvelables de l’île ?
« Une assemblée générale aura lieu le 30 octobre pour désigner les candidats déclarés pour les cantons de l’île. Très concrètement, les militants voteront pour désigner leurs candidats. Le 11 décembre aura lieu une deuxième vague d’élection pour désigner les candidatures qui n’auraient pas été pourvues ».

Pourquoi une seconde assemblée générale en décembre ?
« Il faut dire que les militants Europe écologie ne se bousculent pas pour la candidature. Beaucoup de militants ont les capacités de se présenter mais se lancer dans une campagne électorale est une décision plus délicate à prendre. Certains redoutent de recevoir des pressions et d’être mal vus une fois engagés dans la bataille. Ces personnes là sont souvent connues de par leurs professions dans leurs communes respectives, mais ont peur des regards et se contentent de rester simples militants, ce qui peut se comprendre ».

Vous parlez bien d’une entente entre les Verts et Europe Ecologie ? Comment la répartition se fera t-elle ?

« Les Verts et Europe Ecologie, ce sont les mêmes. Les Verts font partie d’Europe Ecologie ».

Dans ce cas, les brouilles liées au départ de Rahiba Dubois lors des régionales sont-elles digérées?
« Madame Dubois réapparaît timidement dans les réunions des écologistes. Elle fait ce qu’elle veut mais les traces sont là ».

Plus de sept mois après les régionales, qu’avez-vous retenu de la campagne électorale et de votre premier engagement politique ?
« Je ne regrette pas cet engagement. Je suis allée au devant de la population pour faire entendre ma voix. Je voulais me faire le relais des gens que je rencontre et qui me disent qu’ils en ont marre du clientélisme politique entre les mêmes familles. Je déplore qu’il y ait des hommes politiques réunionnais qui ne soient là que pour des intérêts personnels. Non, pour ça, je ne regrette pas mon engagement ».

Question d’actualité oblige. Quel jugement émettez-vous sur la signature de l’Accord Matignon acte 2 ?
« A Europe Ecologie, on regrette que l’argent ait été transféré d’un projet de transport en commun (le tram-train) vers un projet du tout-voiture. On va dans le mur. Tout comme le projet d’ensemble aéroportuaire qui ne va concerner finalement que très peu de réunionnais. Si le président de la Région l’avait voulu il aurait pu faire pression pour obtenir le financement complémentaire pour le tram-train. C’est une question de volonté politique. Autrement, cet accord sera considéré comme bon si l’argent reste à La Réunion. Il faut que les travaux engagés bénéficient au maximum aux entreprises réunionnaises. Il ne s’agit pas de faire plaisir à des grands groupes comme Bouyges ou Eiffage. Je prends l’exemple des panneaux photovoltaïques installés sur les parkings d’une grande enseigne de l’île. Savez-vous que les poteaux en acier qui portent la structure ont été importés de Chine alors qu’ils auraient pu être faits localement ».

Votre campagne électorale a t-elle finalement commencé de façon plus ou moins officielle ?
« On ne peut pas parler de campagne mais je suis amenée à rencontrer les Possessionnais dans mes déplacements. Le samedi matin, c’est jour de marché à la Possession. C’est là que je ressens cette attente de la population. Je propose d’ailleurs aux gens que je rencontre de répondre avec moi à un questionnaire ».

Quelles en sont les grandes lignes ?
« Un questionnaire en deux parties avec un premier volet « environnement » oblige, puis d’un second sur des thématiques plus larges. Une fois complété, il permet de cerner les attentes des habitants par ordre de priorité.
Je l’ai fait car je ne veux pas imposer mes vues aux gens, je ne fonctionne pas comme cela. Je préfère relayer ce que les gens disent.
J’ai aussi des personnes qui, spontanément, me proposent de me diriger vers des connaissances à elles en porte à porte. Bref, je reçois un bon accueil partout. Je me sens soutenue. Je regrette seulement que certains employés communaux se permettent de me dire que je ne suis pas la bienvenue dans une mairie annexe par exemple. C’était le cas récemment lors d’une réunion pour une association. Une mairie annexe, il s’agit bien d’un espace public pourtant ? Ça n’appartient par définition ni à des partisans ni à des militants ».

 

Quel jugement émettez-vous sur la politique menée par le conseiller sortant du canton qui est également maire de cette ville ?
« Il y a un manque de transparence totale de la part de Roland Robert. Je rappelle qu’en 2002, la mairie avait perdu un procès dont le grief tenait au manque d’information accordé au conseil municipal lui-même, ce qui révèle selon moi les pratiques de cette équipe. D’ailleurs, à ce sujet j’évoquerai prochainement les rapports incisifs de la Chambre régionale des comptes sur le cas de la commune.

Les citoyens doivent avoir connaissance de tous les agissements qui ont lieu dans cette ville. Comment se fait-il qu’une mairie se réserve le droit de vendre pour 20 euros le m2 un terrain à un employé communal sans qu’il n’y ait aucune annonce publique de faite? Pensez-vous que pour ce prix là, ce monsieur Babef aurait été le seul à vouloir et pouvoir s’acquérir de ce terrain?

Ce n’est pas fini. Il y a de nombreux soupçons de clientélisme à propos de subventions qui sont attribuées à des associations proches de la municipalité.

De plus, les Possessionnais, tout comme les Réunionnais en ont marre de voir toujours les mêmes familles se passer le pouvoir de génération en génération ».

Les critiques que vous émettez vis-à-vis du premier personnage de la commune discréditent-t-elles l’image de toute sa famille politique selon vous car Europe Ecologie sera éventuellement amené à s’unir avec ces partis pour de futures élections ?
« Pas forcément, l’honnêteté est partout. Il y a des personnes intéressantes que ça soit à gauche ou à droite. Après, il y a des fonctionnements de partis qui effectivement posent problème… »

Quelles seraient vos priorités au sein du Conseil général ?
« L’une des compétences les plus importantes du Département reste le social. Mais le social ce n’est pas le RMI. Le social ce n’est pas donner de l’argent. Donner de l’argent, c’est maintenir la dépendance. Certes, il faut une aide mais il ne faut pas aider sans rien derrière. Il faut aider sans assister ».

Quelle est, dans ce cas, la frontière entre l’aide et l’assistance ?
« Les allocations doivent être soumises à la recherche d’emploi. Il faut bien se dire qu’il s’agit d’une aide temporaire ».

Avez-vous une idée de la personne qui sera votre suppléant ?
« Je préfère ne pas le dévoiler pour le moment mais je peux vous dire que c’est une personne avec laquelle je travaille fréquemment pour préparer cette échéance. Elle n’est pas d’Europe écologie, c’est tout ce que je peux vous dire ».

Pensez-vous avoir une chance de l’emporter vis-à-vis de l’homme politique qui incarne la Possession depuis plus de trente ans ? (ndlr : Roland Robert est maire de la Possession depuis 1971 et conseiller général depuis 1973)
« Déjà, je suis contre le cumul des mandats. J’ai du mal à comprendre qu’un seul homme puisse à la fois être maire d’une ville de 26 000 habitants, conseiller général, vice-président du TCO et président de l’association des maires de La Réunion, plus tous les autres que j’oublie.
Maintenant, est-ce que les Possessionnais sont prêts au changement? Je ne sais pas mais je suis persuadée que la jeunesse doit prendre toute sa place dans la vie politique réunionnaise ».

 

Cantonales - Vanessa Miranville :

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