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Campagne sucrière : les planteurs refusent de démarrer sans “garanties”

Ecrit par Philippe Madubost – le mercredi 9 juillet 2025 à 10H04

Face à une récolte annoncée comme catastrophique, les planteurs du Sud ont voté lundi contre le démarrage de la campagne la semaine prochaine faute de "garanties" obtenues sur les basses richesses. L’Est pourrait faire de même jeudi.

La communion affichée par les planteurs et l’usinier il y a moins de trois semaines lors des États généraux de la canne a-t-elle déjà volé en éclats ? Attendu, le bras de fer autour des conditions de paiement de la canne cette année a débuté.

Le cadre avait été fixé il y a déjà plusieurs semaines par les planteurs. À conditions exceptionnelles, ils demandent des mesures exceptionnelles pour l’achat de leurs cannes, la campagne étant annoncée comme la pire de l’histoire en tonnages, mais aussi du côté de la richesse des cannes. Elle devait commencer mardi prochain mais les planteurs demandent d'abord des "garanties".

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« Il faut un prix d’achat minimum garanti pour que le planteur ne soit pas redevable. Au vu de la situation exceptionnelle, les cannes n’auront quasiment pas de sucre », résumait le président des Jeunes Agriculteurs et premier vice-président de la Chambre d’agriculture, Guillaume Sellier, lors d’une conférence de presse organisée le 22 mai aux côtés du président de la chambre verte, Olivier Fontaine.

Revendication partagée par les JA et la FDSEA : l’instauration d’un prix garanti équivalent à l’avance de 30 euros par tonne livrée, payée par l’usinier au planteur tout au long de la campagne, « afin que l’agriculteur ne soit pas redevable ».

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En réponse, dans un courrier, l’usinier avait jugé « impossible la mise en place d’un prix de la canne déconnecté de la réalité et qui ne serait pas attaché à la qualité de la matière première ». Tereos rappelle que les sucreries ont, elles aussi, été touchées de plein fouet par les conséquences de Garance et doivent composer, en parallèle, avec une chute des cours mondiaux du sucre. L’industriel argumente également sur un manque de soutien exceptionnel de l’État à destination des sucreries depuis, à la différence des planteurs.

Pas de quoi convaincre, en l’état, les agriculteurs : « Vu les circonstances, il faut des conditions exceptionnelles et des règles du jeu claires avant la campagne pour éviter des incompréhensions et des blocages », prévenait le président de la chambre verte. Il voit un double enjeu : le revenu des planteurs mais aussi, d’ores et déjà, la question de la relance de la prochaine afin que l’entretien des champs soit réalisé.

Le président de la FDSEA, Stéphane Sarnon, confirme : « C’est le moment d’être solidaire pour Tereos, mais nous n’avons pas obtenu de garanties à ce jour, notre demande est restée lettre morte ».

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Du côté de l’UPNA, son président, Dominique Clain, formule une demande similaire sur le fond, moins sur la forme. Le syndicat réclame « un prix de base garanti de 35 euros, aucun planteur ne doit être redevable à l’usine ».

Faute d’avancées, les deux syndicats voteront de nouveau contre ce jeudi lors de la CMU (commission mixte d’usine) de Bois-Rouge, si cette dernière est maintenue.

Président de la CGPER, Jean-Michel Moutama va dans le même sens, mais évoque plutôt l’article 9 de la convention canne : « Qui permet un repêchage en cas de basse richesse tous les 5 ans pour un planteur (pour ne pas être redevable à l’usine des avances versées, NDLR), mais à la condition de ne pas avoir touché d’aides liées à la calamité agricole, ce n’est pas acceptable ».

Un point commun à tous les syndicats : hors de question d’aller puiser dans les reliquats des planteurs pour financer ces mesures exceptionnelles. L’industriel est invité à chercher la solution dans ses propres reliquats.

Les agriculteurs demandent la réunion en urgence du comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre (CPCS).

Etiquettes : Agriculture | Canne à sucre

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