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Bientôt une nouvelle baisse des taux, le moment d'aller tester sa banque ?

En visite à La Réunion la semaine dernière, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a souhaité faire le point sur la situation économique : inflation, baisse des taux, surendettement, tarifs bancaires... La Banque centrale européenne (BCE) devrait enclencher une nouvelle série de baisses des taux. De quoi redonner de l'élan aux crédits immobiliers ?
Ecrit par Julien Delarue – le mardi 3 septembre 2024 à 06H40
de g. à dr. : Philippe La Cognata, directeur de l'Iedom de La Réunion ; François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et Ivan Ordonnat, président de l'Iedom.

Deux jours de visite au pas de course pour le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui a rencontré les acteurs économiques et les représentants des banques locales. Premier constat : « La force qui me frappe, c'est l’attractivité du territoire », explique-t-il.

« Il y a un grand dynamisme à La Réunion, des atouts, mais aussi beaucoup de défis. La Réunion dispose de suffisamment de force pour y faire face », assure François Villeroy de Galhau. Selon lui, La Réunion doit relever des défis dans les domaines du logement, de l'économie et de la transition numérique. « Mais c'est aussi vrai pour notre pays qui a plus de défis que d'atouts. »

 

"Gagner la bataille de l'inflation"

 

Des atouts, oui. Mais La Réunion doit faire face à ces défis. À commencer par son insularité et une conjoncture économique loin d'être florissante. « Il n'y a pas d'optimisme béat, mais nous fondons notre confiance sur la reprise. Nous sommes en train de gagner la bataille de l'inflation. Elle a un peu moins augmenté localement, ce qui n'enlève rien à la problématique de la vie chère. En revenant vers les 2 %, on regagne du pouvoir d'achat car les prix augmentent moins vite que les salaires. »

La baisse de l'inflation a également une autre répercussion. Il faut s'attendre à une, voire plusieurs, baisses des taux directeurs de la BCE. In fine, cette décision devrait permettre de faire baisser les taux des crédits immobiliers, à condition que les banques prêtent. Si l'on en croit les dernières données financières publiées par l'Iedom, elles ont plutôt fermé le robinet en 2023.

 

Les banques locales ont engrangé 93 millions d’euros de bénéfices

 

Les banques affichent leur volonté de prêter de l'argent

 

« Nous sommes très attentifs à ce que des banques solides financent l'économie. Nous avons rencontré les banquiers locaux, tous nous garantissent une volonté de prêter et d'être à l'écoute de la demande dans des conditions de crédit qui vont baisser. Pour la métropole, la baisse moyenne est de 0,5 % depuis le début de l'année, comme à La Réunion. C'est un élément favorable à la reprise, progressive. Je ne vois pas de signes que les banques ne font pas leur métier de prêt. Beaucoup de concitoyens ont l'impression que les banques ne prêtent pas, mais j'ai plutôt envie de dire que c'est le moment d'aller les tester. » Selon lui, La Réunion dispose d'un paysage bancaire « concurrentiel ». « La meilleure réponse à la problématique des coûts et des prix, c'est la concurrence », précise-t-il.

Cependant, cette nouvelle ouverture du robinet se heurte à un phénomène en hausse à La Réunion : le surendettement. Avec des dossiers en hausse de 22 % sur un an, jamais le territoire n'avait connu de tels chiffres.

 

Les dossiers de surendettement en hausse de 22% en un an à La Réunion

 

« Il y a un phénomène de rattrapage en ce moment. Par contre, nous nous montrons très attentifs sur les mini crédits (paiement en 10 fois sans frais, par exemple) pour demander à ce que les mêmes règles de transparence que pour les crédits à la consommation soient appliquées. Nous veillons à deux risques : celui de ne pas être trop restrictif, mais aussi de ne pas provoquer le surendettement. On ne rend pas service à l'emprunteur s'il ne peut pas rembourser », analyse François Villeroy de Galhau.

Par ailleurs, un travail en parallèle est toujours mené par l'Iedom auprès des banques sur le suivi des tarifs appliqués en Outre-mer. « Il y a un travail de convergence avec l'Hexagone. Le message est très clair : faire appliquer les mêmes tarifs de base entre les territoires ultramarins et l'Hexagone », rappelle Ivan Ordonnat, président de l'Iedom.

Etiquettes : Banque | IEDOM | Inflation

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