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Association Croix Marine : « Les emplois seront préservés, c’est l’engagement du préfet »

Après sa rencontre avec le préfet Jérôme Filippini, l'intersyndicale CFDT – CFE CGC – UR974 a rassuré les grévistes de la Croix Marine en les assurant de la volonté des services de l’État de relancer l'activité de l'association d'ici le milieu de la semaine. Depuis le retrait de son agrément de mandataire de service pour les majeurs protégés, la Croix Marine ne peut plus effectuer de virement sur les comptes bancaires de 1.474 adultes sous tutelle ou curatelle.

Ecrit par T.L. – le lundi 10 juin 2024 à 17H04
Manifestation des salariés de la Croix Marine devant la préfecture le lundi 13 juin.

Sono, percussions variées voire improvisées, sifflets et vuvuzela : les grévistes de la Croix Marine avaient décidé de faire du bruit aux abords de la préfecture, ce lundi. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles n’ont jamais faibli.

En grande majorité des femmes, les manifestantes étaient en soutien de leurs élus du CSE et des représentants de l’intersyndicale qui avaient obtenu une entrevue avec le préfet sur les coups de midi. Depuis un arrêté préfectoral en date du 27 mai dernier, la Croix Marine a perdu son agrément de l’État, avec pour conséquence l’impossibilité légale pour les mandataires de gérer l’argent de 1.474 adultes placés (le plus souvent par leurs propres parents) sous tutelle ou curatelle.

« Le préfet a été très touché, il a dit : hors de question qu’à cause de cet arrêté-là, il y a des personnes qui ne puissent pas manger faute d’argent, ou qui ne puissent pas réaliser leur déclaration de RSA. Il en a pris conscience et il a été honnête, il faut le reconnaître. D’où cette demande à la DEETS d’ici mercredi d’apporter une réponse », a déclaré Yannick Galais, le porte-parole de l’intersyndicale CFDT – CFE CGC – UR974, à la sortie de l’entrevue avec Jérôme Filippini.

 

 

Selon le syndicaliste, le préfet aurait ainsi donné pour missions à ses services de la Direction du travail de remettre la Croix Marine sur les rails en milieu de semaine en permettant à nouveau aux 29 mandataires (sur 53 salariés) d’effectuer leurs missions.

La machine administrative se serait-elle emballée en retirant brutalement son agrément à la Croix Marine ? Tout porte à le penser, puisqu’une nouvelle administratrice provisoire a été nommée le 3 juin afin de remplacer l’administrateur précédent, désigné une semaine auparavant. Ce dernier, officiant hors du département, n’aurait pas transmis au préfet l’ensemble des injonctions exigées à la Croix Marine par la mission d’inspection de la DEETS (Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités).

 

La Croix Marine devrait changer de nom

 

Est-ce à dire que Jérôme Filippini aurait signé le retrait d’agrément de l’association sans avoir tous les éléments en main pour se prononcer ? Les syndicats en sont convaincus, eux qui assurent que « le préfet a annoncé des investigations au niveau de son administration ». Les services de l’État ont même dû saisir le juge administratif pour faire annuler l’arrêté du 27 mai et confirmer celui du 3 juin, dans lequel Michelle Narayanin est désignée administratrice provisoire pour une période de six mois renouvelables.

 

 

L’enjeu pour la préfecture serait de s’assurer que la Croix Marine pourra légalement continuer ses missions d’ici sa probable reprise par une autre association, qui s’accompagnera, imagine-t-on déjà, d’un changement de nom pour effacer l’image salie dans l’opinion publique. Si aucun repreneur ne se profile, une hypothèse jugée peu plausible pour une association financée chaque année à hauteur de 3 millions d’euros par la DEETS, il faudra répartir les 1.474 adultes protégés dans les portefeuilles d’autres associations, mais cette fois sans obligation de reprise des salariés.

« Les emplois seront préservés, c’est l’engagement du préfet. S’il n’y a pas de repreneur, le préfet s’est engagé : pas de casse sociale !», a rassuré Yannick Gallais, en faisant voter la suspension de la grève.

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