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Assises : L'assassin de Vanina Galais condamné à 30 ans de réclusion

Les jurés de la cour d'assises ont suivi les réquisitions de l'avocate générale qui avait proposé la peine de 30 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté de 20 ans. Le jury populaire a décidé de retenir l'altération du discernement de l'accusé mais pas son abolition ainsi que l’aurait souhaité son avocat. Ridai-Mdallah Mari avait sauvagement assassiné la jeune Vanina Galais en mai 2018.
Ecrit par Isabelle Serre – le lundi 7 février 2022 à 19H28

Trois ans et demi après les faits, Ridai-Mdallah Mari, 33 ans, est fixé sur son sort. La cour d'assises vient de rendre son verdict : 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans et, fait assez rare, d'une rétention de sûreté. "La rétention de sûreté signifie qu’à la fin de sa peine, un collège d’experts devra se prononcer sur sa dangerosité. Et si sa dangerosité est avérée, il risque de voir sa peine prolongée et de rester en détention", précise Me Fabrice Saubert, avocat de la famille de Vanina Galais. 

L'altération de son discernement a été retenue par le jury populaire. Le condamné devra également s'astreindre à un suivi socio-judiciaire de 30 ans avec 7 ans de prison en cas de manquement à une obligation.

Juste avant que le jury ne parte délibérer, l'avocat de l'accusé a assumé la difficile tâche de défendre l'assassin. Point par point, Me Sébastien Navarro a cherché à prouver que son client souffrait d'un trouble paranoïaque, "à 14 ans, il était en hôpital psychiatrique", et de délires de la persécution depuis l'enfance. Au moment des faits, l'abolition du discernement de Ridai Mari, peu concerné par les propos longuement échangés lors d'un procès interrompu par le passage du cyclone Batsirai, ne fait aucun doute pour la robe noire, qui conclut à son irresponsabilité pénale.

Un féminicide

Le 3 mai 2018, dans l'appartement de son bourreau à Sainte-Marie, Vanina Galais, âgée de 19 ans, était sauvagement assassinée. Victime de 17 coups de couteau puis découpée et éviscérée, la jeune fille succombait à la folie meurtrière de celui qui, selon l'une de ses versions, avait vu en elle "le diable". Les jeunes gens s'étaient rencontrés par hasard quelques mois plus tôt dans le centre-ville de Saint-Denis où l'accusé, Ridai Mdallah Mari, vendait des tee-shirts à la sauvette. Pour expliquer son geste, le trentenaire avait d'abord invoqué une trahison dans le cadre d'une relation amoureuse qu'ils auraient entamée : "Elle ne voulait pas d'un Mahorais". 

Plus tard, Ridai Mari avait évoqué une prophétie selon laquelle "il fallait tuer la jeune fille afin de sauver l'humanité".  Plusieurs experts l'ayant examiné ont présenté des conclusions différentes quant à son état psychologique : bipolarité, schizophrénie, mosaïque psychiatrique ont été diagnostiquées, certains déclarant le discernement aboli et d'autres altéré. Pour Me Fabrice Saubert, conseil des parties civiles, "Vanina n'a pas été tuée par un fou mais par un homme agressif , borderline, prisonnier de sa mégalomanie, de troubles de la persécution et d'une intolérance à la frustration". Un féminicide, selon le conseil.

"Il avait le fantasme de tuer. Il l’a assouvi sans regret. Toute sa narration est de la provocation et de la perversité. Son inhumanité n’a rien à voir avec de la folie," avait poursuivi la représentante de la société avant de requérir 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une peine de sûreté de 20 ans et d'une peine de rétention de 7 ans sous surveillance électronique à l'issue de la peine.

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