Assises : Il agresse un chasseur de tangues et provoque involontairement son décès

Les deux amis avaient, depuis trois saisons, l’habitude de chasser ensemble et, ce jour-là, après avoir attrapé 12 tangues, ils avaient décidé de rentrer. Mais soudain, un homme torse-nu, sabre en main, était apparu, vociférant que les deux hommes se trouvaient sur son terrain et qu’ils n’avaient "rien à y faire". Le duo avait tenté d'expliquer qu'ils avaient eu l'accord du propriétaire dudit terrain pour calmer l’homme au sabre.
Un arrêt cardiaque irréversible
Jean-Jacques Boyer n’avait pas de problèmes de santé. Il pratiquait régulièrement une activité physique et n’avait jamais fait de malaise auparavant. Le jour des faits, il était en forme, les deux hommes ayant fait cinq ou six pauses au cours de la matinée. Le parcours ne semblait pas difficile puisque les dalons n'avaient fait que descendre. Selon les premières constations, Jean-Jacques Boyer, un homme calme qui n’aimait pas les conflits, avait eu une peur bleue qui l'avait fait succomber suite à un arrêt cardiaque.
Une atmosphère de stress majeur
Cependant, les antécédents judiciaires de l'agresseur, connu pour son tempérament impulsif et des épisodes de violences, n'avaient pas échappé aux enquêteurs. Des éléments qu'avait corroborés l'expertise psychologique et psychiatrique du suspect présenté comme un homme paranoïaque, méfiant et susceptible, dont le sentiment de persécution doublé d'une forte consommation de cannabis avait pu générer un passage à l'acte.
Quant aux conclusions des expertises médicales poussées réalisées sur le défunt, elles avaient indiqué que le malheureux avait été victime du syndrome Tako Tsubo (ou du cœur brisé) à l'issue d'un effort physique et d'une terrible peur. "Les violences exercées sur la victime peuvent être à l'origine du décès", rapportent les experts. L'existence d'un lien de causalité entre le comportement violent d'Henri Bressure et le décès de Jean-Jacques Boyer apparaît donc établie pour le magistrat instructeur.
Ce mardi et mercredi, Henri Bressure, qui comparaissait libre, était jugé pour violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner et non-assistance à personne en danger. En récidive, le quadragénaire encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Dans son réquisitoire, l'avocat général a requis 12 ans de réclusion.
A l'issue de l'audience criminelle, l'accusé a été condamné à 6 ans de réclusion criminelle dont 4 et demi avec sursis probatoire. L'accusé particulièrement bien inséré pendant sa période de contrôle judiciaire scrupuleusement respectée pourra faire aménager cette peine sous bracelet electronique.


