Assises: Amine Elkarbadji condamné à 25 ans de réclusion criminelle

Amine Elkarbadji a été condamné ce vendredi 6 novembre 2020 à 25 ans de réclusion criminelle. C'est deux ans de moins que les réquisitions de l'avocat général à l'encontre de l'assassin de Nicolas Virassamy.
Le procès se tenait depuis mercredi devant la cour d'assises de Saint-Denis et devait livrer son verdict ce vendredi.
Cette dernière journée était consacrée aux plaidoiries des avocats. Au nom de la famille de la victime, Me Rémi Boniface a commencé les plaidoiries ce vendredi matin, suivies de celles de la défense assurée par Me Sébastien Navarro.
Le 25 juillet 2017, le conflit entre le propriétaire d'un bazar/snack-bar à Moulin Joli et son locataire tourne au drame.
Nicolas Virassamy réclame son loyer qu'a du mal à payer Amine Elkarbadji, locataire de la partie snack-bar depuis seulement cinq mois.
Ce jour-là, Amine Elkarbadji pointe un fusil à pompe vers le propriétaire, touché grièvement, ainsi que vers son frère. Un troisième homme, un employé du bazar, a le temps de "prendre les jambes à son cou", rappelera Me Boniface à la fin du procès. Le premier succombera à ses blessures quelques jours plus tard, le 5 août. Il était âgé de 35 ans. Son frère Pascal Virassamy est sérieusement blessé.
L'assassin range ses affaires avant de commettre son geste
Amine Elkarbadji justifie son geste par, dit-il, des brimades qu'il aurait vécues comme des humiliations au fil des mois. Son affaire peinait à décoller et il l'imputait à son propriétaire qui avait ouvert, en plus de son bazar de fruits et légumes, un espace de vente de poulets grillés les week end.
"On se moquait de moi, je me sentais humilié", se répétait-il depuis des semaines avant son passage à l'acte. Pour autant, cela ne justifiait pas son acte. "Tu ne tueras pas ! Personne ne peut décider de la vie ou de la mort de quelqu’un ! Personne ne détient ce droit là ! Tous ceux qui ont ce genre de problèmes n’agissent pas comme lui. Son premier réflexe n’est pas d’abandonner le commerce mais d’aller acheter une arme !", évoque l'avocate générale Emmanuelle Carniello.
Avant de commettre l'irréparable, alors qu'il défend ne pas avoir voulu tuer mais uniquement faire peur, Amine Elkarbadji se met donc à la recherche d'une arme et de cartouches. Il prend soin de ranger son appartement, prépare ses valises. Des valises préparées en "désespoir" de cause comme il le dit lui-même car "je n’excluais pas d’aller en prison", ajoute-t-il à la barre. A la conclusion de la plaidoirie de son avocat, le mot de la fin est revenu à l’accusé qui a "demandé pardon à tous ceux à qui j'ai fait du mal". La séquence de la plaidoirie de la défense se refermant, le jury d'assises est allé délibérer à huis clos.
Ce 25 juillet 2017 au matin, ce qu'il dit endurer depuis des mois est désinhibé par son envie de fumer deux joints avant de passer à l’acte, ce qui est, en droit, considéré comme une circonstance aggravante. Il se rend au snack où il entend rire son propriétaire et son frère. Il prend ces rires pour lui, entre sans dire un mot et "assassine un homme de manière déterminée ! 9 projectiles répertoriés dans le rein droit, 5 interventions chirurgicales mais son foie est détruit, il ne s’en remettra jamais. Il décède après avoir lutté pendant 10 jours", détaille l'avocate générale.
Interpellé sur place le jour de son coup de sang, le tireur avait été placé en garde à vue puis mis en examen pour tentative d'assassinat. Il avait été logiquement placé en détention provisoire le 28 juillet. Sa victime avait rendu son dernier souffle quelques jours après le début de la détention de son assassin présumé. Un événement tragique qui donnait lieu à une requalification des faits.
Ce vendredi 6 novembre 2020, la tentative d'assassinat sur Pascal Virassamy, le frère du défunt, n'a pas été retenue à l'encontre de l'accusé, comme le regrette Me Boniface. Un regret compensé par la peine de 25 ans à laquelle l'accusé a été condamné pour la mort de Nicolas Virassamy.
A l'audience, Régis Labrousse
Me Rémi Boniface, avocat de la famille des victimes :
Me Sébastien Navarro, avocat de l'accusé :


