Yaël Braun-Pivet réélue présidente de l'Assemblée nationale

La nouvelle législature démarre ce jeudi à l'Assemblée nationale. Les 577 députés sont appelés à former leurs groupes parlementaires, mais aussi à élire le président de l'hémicycle. Une étape importante pour déterminer la couleur politique de la chambre parlementaire mais aussi pour juger de la puissance des forces en présence.
Cette nouvelle législature est en effet marquée par une situation complexe au sein même de l'Assemblée nationale. Il y a non seulement aucune majorité, mais aussi trois blocs aux forces qui peuvent paraître équivalentes à la faveur des alliances : le Nouveau Front populaire, le camp présidentiel et le Rassemblement national.
C'est André Chassaigne, député PCR et candidat du Nouveau Front populaire, qui est sorti en tête du premier tour, alors que le camp présidentiel, divisé, s'est retrouvé en 3e position derrière Sébastien Chenu du RN. Mais au fil des tours, la coalition menée par Ensemble, obtient petit à petit des ralliements de la droite et Yaël Braun-Pivet reprend l'avantage jusqu'à être élue au troisième tour à la majorité relative.
Après une dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron et des élections législatives anticipées qui ont provoqué la démission du gouvernement Attal, soit plus d'un mois et demi de chaos politique, les alliances entre le centre et la droite ont permis un statu quo à l'Assemblée nationale : une coalition pro-Macron de 220 députés qui a permis la réélection de Yaël Braun-Pivet au perchoir.
Après la levée de la séance, Mathilde Panot, députée LFI, a déploré "des magouilles et des combines qui ont permis de voler le résultat des urnes" et attribue les voix qui ont permis la victoire Yaël Braun-Pivet en partie aux députés ministres démissionnaires qui sont toujours en fonction. La figure de la France insoumise affirme qu'Emmanuel Macron aurait finalement accepté la démission du gouvernement pour s'assurer ces 17 voix supplémentaires. Mathilde Panot assure aussi que les deux voix du RN en moins pour leur candidat Sébastien Chenu se seraient reportés sur Yaël Braun-Pivet.
Revivez l'élection tour par tour
Six personnes se sont portées candidates pour le scrutin qui se déroule en trois tours. La présidente sortante, Yaël Braun-Pivet est candidate pour le camp présidentiel, ainsi que NaÏma Moutchou (Horizons) qui devrait pourtant faire partie de la même alliance parlementaire. André Chassaigne, issu du PCF, est le candidat du Nouveau Front populaire. Sébastien Chenu représente le RN et Philippe Juvin (La Droite républicaine) et Charles de Courson (Liot) sont aussi en lice. Durant les deux premiers tours, la majorité absolue est nécessaire. Lors du troisième et dernier tour, la majorité relative suffira pour être élu. À noter enfin que le scrutin se déroule à bulletin secret.
Le premier tour s'est achevé. 574 députés ont voté mais 570 votes ont été pris en compte après le retrait des bulletins blancs ou nuls.
1er tour
André Chassagne (NFP) : 200 voix
Sébastien Chenu (RN) : 142 voix
Yaël Braun-Pivet (EPR) : 124 voix
Philippe Juvin (DR) : 48 voix
Naïma Moutchou (Horizon) : 38 voix
Charles de Courson (LIOT) : 18 voix
Au terme de ce premier tour, seuls Philippe Juvin et Naïma Moutchou se sont retirés. Les 86 voix qu'ils représentent devraient se reporter sur la candidature de Yaël Braun-Pivet. Selon les rumeurs qui courent dans la salle des pas perdus qui mène à l'hémicycle, une alliance devrait être faite entre le camp présidentiel et la droite républicaine : si Yaël Braun-Pivet est bien réélue, les LR et alliés pourraient prétendre à des postes importants.dans le bureau de l'Assemblée nationale.
Ces 86 voix devraient permettre à Yaël Braun-Pivet - qui a terminé troisième derrière le RN au premier tour - de dépasser André Chassagne qui a obtenu 200 suffrages. La gauche pourrait avoir fait le plein de voix et devra sûrement pâtir de nouvelles alliances qui pourraient se former au terme du deuxième tour.
Lors du deuxième tour, le camp présidentiel a retourné la situation grâce aux voix venues la droite républicaine. Yaël Braun-Pivet prend la tête devant le candidat du Nouveau Front populaire.
2e tour
Yaël Braun-Pivet (EPR) : 210 voix
André Chassaigne (NFP) : 202 voix
Sébastien Chenu (RN) : 143 voix
Charles de Courson (LIOT) : 12 voix
Autres : 2
Pour le troisième tour qui verra l'élection du président de l'Assemblée nationale, les candidats des trois grands blocs se maintiennent, mais le député LIOT se retire. Le groupe des députés Liberté, Indépendants, Outre-mer et Territoires sera donc le juge de paix : ses 12 voix pourraient décider de qui s'installera au perchoir durant cette législature. Les cinq députés qui ont coulé des bulletins blancs ou nuls pourraient aussi jouer un rôle déterminant.
Au terme du troisième tour, Yaël Braun-Pivet a été réélue présidente de l'Assemblée devant André Chassaigne et Sébastien Chenu.
3e tour
Yaël Braun-Pivet : 220 voix
André Chassaigne : 207 voix
Sébastien Chenu : 141 voix
Autre : 1 voix
C'est à ce tour que le plus grand nombre de députés ce sont exprimés (569) et où il y a eu le moins de votes blancs (3).


