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André Thien-Ah-Koon inéligible 3 ans pour l’embauche de Christelle Mondon à la SPL Sudec

Le maire du Tampon a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts dans le dossier de la SPL Sudec. Le tribunal a estimé que l’embauche de Christelle Mondon, la soeur de son adjointe, à la tête de la Société publique locale, caractérisait un délit. André Thien-Ah-Koon se voit surtout frappé d’une peine d’inéligibilité de 3 ans tandis que Christelle Mondon est interdite de travailler dans la fonction publique. Le maire compte faire appel de la décision. Il était absent ce jeudi après-midi au tribunal car hors département.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 29 septembre 2022 à 13H13

Le maire du Tampon et président de la Casud vient d'être fixé sur son sort judiciaire. Il est frappé d'inéligibilité pour une durée de 3 ans et condamné à 6 mois de prison avec sursis. André Thien-Ah-Koon, absent au tribunal ce jour car hors département, est donc reconnu coupable de prise illégale d’intérêts dans le dossier de la SPL Sudec. Il devra également s'acquitter de 5000 euros d'amende.

De son côté, Christelle Mondon est condamnée à 3 mois de prison avec sursis, 2500 euros d'amende, 3 ans d'inéligibilité et l'interdiction d'exercer dans la fonction publique durant cette période.

Les deux condamnés devront s'acquitter ensemble de 500 euros auprès de l'association anticorruption "Anticor", partie civile dans ce dossier.

Me Djalil Gangate, avocat d'André Thien-Ah-Koon, annonce immédiatement vouloir faire appel de ce jugement. Me Betty Vaillant, avocate de Christelle Mondon, ne sait pas encore à cette heure si sa cliente compte faire appel.

Que lui était-il reproché ?

Le président de la CASUD devait répondre de prise illégale d’intérêt après un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC). Deux ans après la création de la SPL Sudec, les magistrats financiers découvraient déjà des dysfonctionnements, mais surtout posaient la question du recrutement de Christelle Mondon au poste de présidente du directoire.

Pour créer la structure, l’intercommunalité a adopté en conseil communautaire l’embauche d’un chargé de mission afin de jeter les bases de la structure. Un cabinet de recrutement est donc missionné. C’est là que le DGS a transmis le CV de Christelle Mondon aux recruteurs. Bien que disposant de diplômes "prestigieux" et d’expériences au sein de grandes compagnies internationales, elle ne possède aucune compétence en collecte et gestion des déchets ménagers. Le cabinet de recrutement ne valide pas cette candidature.

Pourtant, les recruteurs l’affirment, la collectivité insiste pour que la candidature de celle qui a pour projet de revenir dans son île soit sélectionnée dans les finalistes. De quoi éveiller des soupçons puisque la candidate est la soeur de la 2e adjointe au maire du Tampon et fille d'Ary Mondon, qui fut l’un des adjoints historiques d’André Thien-Ah-Koon.

"Le choix de l’intéressée, sans expérience dans le domaine des déchets et à des fonctions de direction, peut surprendre s’agissant de créer de toutes pièces une nouvelle société. Interrogé sur cette situation, le président de la CASUD a indiqué avoir fait le pari d’une direction constituée d’un binôme, l’un ayant un profil gestionnaire et l’autre un profil technique, ce dernier assurant les fonctions de directeur de l’exploitation", indique le rapport de la CRC, déclenchant à terme la procédure judiciaire.

De son côté, Christelle Mondon était poursuivie pour recel de bien provenant de prise illégale d’intérêts par un chargé de mission de service public. Pour son embauche, la Casud a dépensé 14.300 euros via ce cabinet de conseil spécialisé. Son salaire a ensuite été de 5.668,22 euros par mois, supporté par la CASUD, la SPL devant par la suite rembourser à hauteur de 50%. Mais face à la pression, elle avait démissionné de son poste le 6 mars 2020.

20 octobre 2020 : Déjà du plomb dans l'aile pour la jeune SPL Sudec

"Il savait très bien ce qu’il risquait puisqu’il a perdu un mandat pour ça"

Après plusieurs renvois, le procès s’est enfin déroulé le 1er septembre dernier. L’association Anticor s’était constituée partie civile. Son avocat, Me Jérôme Maillot, avait mis en doute la version du maire du Tampon. "On a bien compris que le DGS a le dos large et les épaules solides, néanmoins c’est bien André Thien Ah Koon qui a signé les contrats", note-t-il. Le politique est pourtant "un élu d’expérience de premier plan. Il savait très bien ce qu’il risquait puisqu’il a perdu un mandat pour ça", rappelle la robe noire.

Lors de ses réquisitions, la vice-procureure avait réclamé entre 8 à 10 mois de prison avec sursis simple, 5.000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité pour André Thien-Ah-Koon. Elle avait requis également 4 mois de prison avec sursis, 2.500 euros d’amende et une peine d’inéligibilité ainsi que l’interdiction d’exercer dans la fonction publique pour "une durée que le tribunal appréciera" à l’encontre de Christelle Mondon.

"À quel moment le recrutement de Christelle Mondon peut être une nuisance pour l’intérêt public ?", s’était interrogée son conseil Me Betty Vaillant qui avait demandé la relaxe pour sa cliente. 

Après avoir attaqué les termes et la période de la prévention, Me Djalil Gangate s’est attaché à démontrer que refuser de la recruter alors qu’elle avait le meilleur profil et le plus de diplômes aurait été "de la discrimination". "L’histoire prouve qu’on a eu raison de ne pas suivre l’avis du cabinet. Elle a réussi à créer la SPL Sudec". 

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