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Affaire de la Coopérative des ouvriers réunionnais (COR) : Jacques Virin condamné à un an de prison avec sursis

Ecrit par E.L. sur place – le vendredi 28 novembre 2025 à 09H48
Jacques Virin arrivant au tribunal de Champ Fleuri

Le tribunal de Champ-Fleuri a rendu son délibéré ce vendredi 28 novembre. L’ancien directeur de la Coopérative des ouvriers réunionnais, Jacques Virin, est reconnu coupable d’abus de biens sociaux. Il écope d’un an de prison avec sursis et devra verser près de 70 000 euros avec son épouse à la COR. Philippe Bénard est relaxé, tout comme le couple sur les chefs de blanchiment et d’entrave.

Le long feuilleton judiciaire de la Coopérative des ouvriers réunionnais (COR) s’est achevé ce vendredi 28 novembre au tribunal correctionnel de Saint-Denis. Après plus de dix ans de procédure, Jacques Virin, son ancien directeur, a été condamné à un an de prison avec sursis pour abus de biens sociaux. Son épouse a écopé de quatre mois de prison avec sursis. Le tribunal les a déclarés solidairement redevables de 69 817 euros envers la COR, en plus des 48 000 euros que Jacques Virin devra verser à titre personnel à la coopérative.

Pas de blanchiment

Le jugement écarte en revanche les poursuites pour blanchiment et entrave à la libre désignation des membres du comité d’entreprise. Philippe Bénard, également poursuivi dans cette affaire, a été totalement relaxé.

Lire aussi : Procès de la COR : après 15 ans, Jacques Virin face à la justice et à la grogne des dockers

Ce verdict clôt un dossier emblématique pour le monde portuaire réunionnais. Créée en 1992, la COR s’était imposée comme un acteur clé de la manutention au Port, sur un modèle coopératif où les salariés étaient aussi actionnaires. Mais la gestion de Jacques Virin, en poste jusqu’en 2011, a rapidement suscité des soupçons. Les juges ont mis au jour un enchevêtrement de participations croisées, d’investissements hasardeux et de flux financiers mêlant intérêts personnels et fonds de la coopérative.

Lire aussi : Les dockers de la COR dénoncent les agissements de leur ex-directeur

Entre 2008 et 2011, un audit avait révélé près d’un demi-million d’euros de rémunérations jugées indûment perçues. Pour la défense, ces sommes correspondaient à des « compléments de salaire » validés en interne, dans une logique d’expansion économique. Mais pour la justice, les faits relevaient bien d’abus de biens sociaux, la COR ayant servi de levier à des opérations profitant à la sphère personnelle du dirigeant.

Les dockers qui s’étaient constitués parties civiles ont, eux, été déboutés de leurs demandes d’indemnisation. Le tribunal a estimé qu’aucun préjudice direct ne pouvait être établi.

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