Les agriculteurs doivent "travailler plus pour gagner plus"... de tracas ?

"On a été sollicité par les agriculteurs de l'Est, notamment Saint-Rose, pour ce problème d'aide à la production de la canne qui revient chaque année", a évoqué ce matin, le président de la FDSEA ( Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), Frédéric Vienne.
Un des agriculteurs présents devant la balance Pente-Sassy, à Saint-André, a notamment fait part de ses difficultés de "travailler plus pour gagner plus" quand un seuil ne doit pas être dépassé, car "si on dépasse, on est pénalisé", déclare t-il.
"Voilà, ce sont des agriculteurs qui travaillent de plus en plus, mais qui gagnent de moins en moins", résume Frédéric Vienne. Cette année, le seuil de rentabilité a été fixé à 140.000 tonnes à l'hectare par arrêté préfectoral, il était de 135 000 l'année dernière.
"On doit se justifier comme si on était des voleurs"
L'agriculteur a reçu récemment un courrier de la DAAF (Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt) lui demandant de justifier le surplus effectué, car ce dernier avait produit 156.600 tonnes à l'hectare, sachant que d'autres frôlent facilement les 200.000 tonnes à l'hectare.
"On doit se justifier comme si on était on des voleurs", regrette en préambule l'agriculteur mais ce qui l'niquiète vraiment c'est de ne pas recevoir d'aide pour ce surplus si la justification ne convient pas aux autorités.
De nombreux agriculteurs de l'Est sont dans le même cas. "L'important est de faire comprendre que ce n'est pas le volume de canne qui compte, mais la teneur en sucre, car il faut savoir que la teneur en sucre des cannes de l'Est est la plus faible de l'île", signale Frédéric Vienne.
"Ce surplus est causé aussi par le type de canne", précise t-il. "Dans l'Est, on produit une nouvelle variété de canne sous l'influence des industries", déclare le président de la FDSEA, à savoir que les industries recherchent principalement les cannes de type 182, 183, 185 surtout pour la bagasse. Elles sont plus lourdes et pauvres en sucre, ce qui explique le surplus en tonnage.
"On demande une réévaluation du seuil de rentabilité" dès la coupe 2012...
Au final, les petits agriculteurs souffrent énormément de cette situation, "mais aussi les gros agriculteurs. C'est pour cela qu'on demande de maintenir ces aides, pour qu'ils puissent assumer les coûts de production en augmentation constante", explique Frédéric Vienne.
Les agriculteurs seraient donc plus sereins si était rehaussait le seuil de rentabilité à 200.000 tonnes. Et cela permettrait d'atteindre l'objectif de départ, 2 000 000 de récolte de cannes par année. "Cela fait plus de 20 ans qu'on demande de changer de système, d'être évalué en fonction du sucre et non du tonnage", rétorque l'agriculteur qui garde toutefois espoir d'un changement…



