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Une avancée pour les retraités ? Émeline K/Bidi fait adopter à l'unanimité la suppression du remboursement sur succession de l'ASPA

Ecrit par L-H.T – le jeudi 11 juin 2026 à 16H43
Emeline K/Bidi doute du fait que le gouvernement change son fusil d'épaule malgré les nouvelles circonstances

L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité la proposition de loi portée par la députée réunionnaise Émeline K/Bidi visant à supprimer le remboursement sur succession de l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), anciennement appelé minimum vieillesse. Une réforme présentée comme une avancée majeure pour les retraités les plus modestes, notamment à La Réunion, où le non-recours à cette aide reste particulièrement important.

Si l'on ne demandait qu'un seul chiffre pour raconter cette réforme, ce serait celui-ci : 300.000. C'est le nombre de personnes qui, en France, renoncent à percevoir l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), pourtant destinée aux retraités les plus modestes.

Non pas parce qu'elles n'y ont pas droit, mais parce qu'elles redoutent ce qui viendra après elles, à savoir le remboursement de cette aide sur leur succession.

Un vote rare dans l'hémicycle

Ce jeudi 11 juin, l'Assemblée nationale a choisi de s'attaquer à ce paradoxe.

À l'unanimité, les députés ont adopté la proposition de loi portée par la députée réunionnaise Émeline K/Bidi visant à supprimer le mécanisme de récupération sur succession de l'ASPA. Un vote rare dans un hémicycle souvent fracturé, qui fait dire à la parlementaire que "la solidarité nationale ne doit jamais devenir une dette familiale".

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Longtemps, ce dispositif a installé un doute chez ceux qu'il était censé protéger. Demander cette allocation revenait parfois, dans l'imaginaire collectif, à faire peser une charge sur ses enfants. Résultat, des milliers de personnes âgées ont préféré se priver d'un complément de revenu plutôt que de transmettre ce qu'elles percevaient comme une dette.

À La Réunion, où les petites retraites sont nombreuses, où les carrières ont souvent été interrompues ou marquées par le chômage, cette question dépasse largement le cadre technique d'une réforme sociale. Elle touche à la transmission, au patrimoine (parfois modeste), mais aussi à une certaine idée de la dignité.

Droit d'option

Dans son communiqué, Émeline K/Bidi rappelle que "le phénomène est particulièrement marqué dans les Outre-mer et concerne en premier lieu les femmes, dont les parcours professionnels ont souvent été plus précaires".

Le texte adopté ne se contente pas de supprimer la récupération sur succession. Au fil des débats parlementaires, il a été enrichi. Le gouvernement, qui a finalement choisi de soutenir la réforme, a fait adopter un forfait logement destiné à maintenir une forme d'équité entre propriétaires et non-propriétaires.

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Les bénéficiaires actuels disposeront également d'un droit d'option. Ils pourront choisir de rester dans le dispositif existant ou d'intégrer le nouveau régime, sans que les sommes déjà perçues ne puissent être réclamées à leurs héritiers.

Le parcours législatif n'est pas terminé. Le texte devra encore être examiné par le Sénat avant une adoption définitive. Mais le vote unanime de l'Assemblée nationale constitue déjà un signal politique fort.

Plus qu'une réforme budgétaire, c'est une évolution du regard porté sur la solidarité. En clair, celle-ci n'est plus pensée comme une avance que l'État récupérerait un jour, mais comme un droit pleinement assumé.

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