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"Nous n'en pouvons plus", "payer pour aller travailler" : Que se passe-t-il à Proxim'Services ?

Ecrit par L-H.T – le jeudi 11 juin 2026 à 12H00

Une intersyndicale regroupant la CGTR, FO, la CFTC et la CFDT appelle les salariés de Proxim'Services à se mobiliser lundi 15 juin devant le siège de l'entreprise, à Sainte-Clotilde. Conditions de travail dégradées, salaires jugés insuffisants, frais de déplacement devenus trop lourds… Les syndicats dénoncent une situation qui, selon eux, n'est plus "tenable".

Le ton est monté d'un cran chez Proxim'Services.

Après plusieurs semaines d'alerte auprès de la direction, quatre organisations syndicales ont décidé de passer à l'action. La CGTR, Force ouvrière, la CFTC et la CFDT appellent les salariés à se rassembler lundi 15 juin, à partir de 7 h 30, devant le siège de l'entreprise à Sainte-Clotilde.

Une mobilisation qui traduit, selon elles, un profond malaise au sein de cette structure spécialisée dans l'aide et le maintien à domicile. Mais pour quelles raisons ?

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À écouter l'intersyndicale, la colère ne porte pas uniquement sur les salaires. C'est l'ensemble des conditions d'exercice qui serait aujourd'hui remis en cause. Les aides à domicile, les personnels administratifs et les fonctions supports assurent quotidiennement l'accompagnement de personnes âgées, en situation de handicap ou fragiles, mais estiment ne plus disposer des "moyens nécessaires pour exercer leur métier dans de bonnes conditions".

Premier sujet de crispation, les déplacements. Une grande partie des salariés utilisent leur propre véhicule pour assurer leurs tournées. Avec l'augmentation du prix du carburant, des assurances et des frais d'entretien, les syndicats affirment que ces déplacements pèsent désormais lourdement sur le budget des employés.

"Tableau préoccupant"

Leur slogan résume assez bien leur exaspération. "Nous ne voulons plus payer pour travailler." Ils dénoncent des indemnités kilométriques devenues insuffisantes face à la réalité du coût de la vie à La Réunion.

Les représentants du personnel dressent également un "tableau préoccupant des conditions de travail". Ils évoquent une hausse des accidents du travail, des maladies professionnelles, des arrêts maladie ainsi qu'un épuisement physique et psychologique des équipes.

Ces derniers dénoncent aussi des amplitudes horaires pouvant s'étendre de 6 heures à 21 heures, des temps partiels imposés pour une partie des salariés et des heures supplémentaires qui ne seraient pas systématiquement rémunérées.

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Face à cette situation, l'intersyndicale formule plusieurs revendications et réclame "une augmentation générale des salaires de 15 %, une prime de partage de la valeur de 500 euros, une revalorisation des frais kilométriques, le paiement des heures supplémentaires, la reconnaissance du temps de trajet comme temps de travail ainsi que la fin des temps partiels imposés".

Les syndicats demandent également une meilleure organisation des tournées afin de limiter les kilomètres parcourus chaque jour par les salariés.

Reconnaissance

Pour les partenaires sociaux, ces métiers restent "indispensables au maintien à domicile de nombreuses personnes âgées ou dépendantes". Elles estiment pourtant que "cet engagement quotidien n'est plus reconnu à sa juste valeur".

C'est ce message qu'elles entendent porter lundi devant le siège de Proxim'Services, en espérant ouvrir un rapport de force susceptible de faire évoluer les négociations avec la direction.

À ce stade, celle-ci ne s'est pas exprimée sur les revendications portées par l'intersyndicale.

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