Cirest : la gestion financière saluée, les réalisations contestées

Eau, assainissement, développement économique : les comptes 2025 de la Cirest ont été adoptés, sur fond de débats autour de la concrétisation des projets structurants du territoire.
Réunis mercredi en conseil communautaire, les élus communautaires de la Cirest ont approuvé les comptes de gestion et les comptes administratifs 2025. L'occasion pour l'exécutif de mettre en avant une situation financière qu'il juge saine, tandis que l'opposition a soulevé plusieurs interrogations sur le faible niveau de réalisation de certains investissements, notamment dans les secteurs de l'eau, de l'assainissement et de la zone d'activité de Paniandy.
Une épargne nette de près de 4 millions d'euros
À la clôture de l'exercice 2025, la Cirest affiche une épargne nette de 3,99 millions d'euros sur son budget principal, contre 6,94 millions un an plus tôt. Malgré ce recul, la collectivité conserve une capacité de désendettement de 4,8 années, bien en dessous du seuil de vigilance fixé à 12 ans.
Les dépenses totales du budget intercommunal se sont élevées à 150 millions d'euros. Les dépenses de fonctionnement atteignent 86,8 millions d'euros, en hausse de 4 % par rapport à 2024. Les charges à caractère général représentent à elles seules 37 millions d'euros, soit 43 % des dépenses de fonctionnement.
Deux compétences concentrent l'essentiel de ces dépenses : le transport, avec 20,5 millions d'euros engagés, notamment en raison de la nouvelle délégation de service public, et la collecte ainsi que le traitement des déchets, qui ont mobilisé 12,7 millions d'euros. Dans ce dernier domaine, le cyclone Garance a généré un surcoût estimé à 1,8 million d'euros.
Les charges de personnel atteignent près de 15 millions d'euros, en hausse de 2 %, principalement en raison des évolutions de carrière, de nouveaux recrutements et de prolongations de contrats pour assurer la continuité du service public.
Les dépenses d'investissement progressent fortement, avec une hausse de 44 % sur un an pour atteindre 30 millions d'euros, dont 21,5 millions d'euros en dépenses réelles. Plus de 19 millions d'euros d'investissements ont ainsi été réalisés sur le budget principal.
L'opposition pointe de faibles taux de réalisation
Si les comptes ont été approuvés, plusieurs élus d'opposition ont exprimé leurs réserves. Jean-Marie Virapoullé, conseiller communautaire de Saint-André, a notamment attiré l'attention sur les budgets annexes.
Concernant l'eau potable, il a relevé que le taux de réalisation des investissements n'atteignait que 36,4 %, alors que le territoire a été confronté à une importante sécheresse en 2025. Même constat pour l'assainissement collectif, où le taux de réalisation des investissements s'établit à 19,27 %.
L'élu a également pointé le cas de la zone d'activité de Paniandy. "En dépenses d'investissement, réalisés : 0 %. Alors qu'on a prévu 1,6 million d'euros", a-t-il souligné.
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Les services de la Cirest ont répondu que le budget de Paniandy est un budget de lotissement dont les études et travaux sont comptabilisés en fonctionnement, car ils concernent des parcelles destinées à la commercialisation.
La SPL Estival en voie de redressement
Le conseil a également abordé la situation de la SPL Estival, opérateur du transport urbain dans l'Est. Les élus communautaires ont par ailleurs confirmé Ridwane Issa à la présidence du conseil d'administration de la société publique locale. Élu à ce poste par les administrateurs le 22 mai dernier, sa nomination devait être validée par l'assemblée communautaire. Laurent Virapoullé a ensuite demandé quel avait été "le coût de cette gabegie".
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Les services ont indiqué que la recapitalisation engagée représente 6,6 millions d'euros répartis sur cinq ans. Selon eux, la société devrait retrouver un léger excédent sur l'exercice 2025, même si elle reste accompagnée dans le cadre de sa procédure de sauvegarde. Le plan de sauvegarde de l'emploi est désormais achevé.
Joé Bédier défend les choix de la Cirest
À l'issue de la séance, le président de la Cirest, Joé Bédier, a salué des résultats qu'il estime encourageants. "Quand on regarde ne serait-ce que l'épargne nette à 4 millions d'euros, c'est quand même encourageant", a-t-il déclaré.
Concernant la SPL Estival, il estime que le retour à l'équilibre ouvre des perspectives positives, avec notamment des projets de renouvellement du parc de bus.
Interrogé sur les critiques relatives aux faibles taux de réalisation de certains investissements, notamment dans le domaine de l'eau, le président de l'intercommunalité a renvoyé la responsabilité aux précédentes équipes dirigeantes. "Quand certains parlent du faible taux d'investissement sur l'eau, je me demande qu'est-ce qu'ils ont fait pendant 40 ans, 30 ans quand ils étaient aux commandes...", glisse-t-il, obligeant aujourd'hui la collectivité "à programmer les travaux sur plusieurs années".
Malgré ces échanges parfois vifs, les comptes administratifs 2025 ont finalement été adoptés, validant une trajectoire financière que l'exécutif juge solide, mais qui continue de susciter des interrogations sur la capacité de la collectivité à concrétiser rapidement certains projets structurants du territoire.


