Saint-Gilles : un permis de construire pour deux immeubles suspendu par le tribunal

Un couple de riverains du chemin Summer N.1 à Saint-Gilles conteste le permis de construire délivré par la mairie de Saint-Paul pour deux immeubles de 16 logements, au motif que les constructions pourraient avoir un effet négatif sur l’évacuation des eaux pluviales.
Deux immeubles à usage d’habitation collective d'un total de seize logements, avec une surface de plancher de 1 450 m² sur trois parcelles du très prisé chemin Summer, à Saint-Gilles-les-Bains : c’est le projet porté par la SCCV Niyat qu’a fait suspendre un couple de voisins en formant, en novembre dernier, une procédure en urgence devant le tribunal administratif de La Réunion.
Les riverains demandent la suspension du permis de construite délivré en mai 2025 par la mairie de Saint-Paul. Avant de saisir la juridiction administrative, ils avaient respecté la procédure en soumettant un recours gracieux à la commune, laquelle n’avait pas pris la peine d’y répondre formellement. Sans pour autant l’ignorer totalement ? Signe que les arguments des riverains du chemin Summer N.1 semblent fondés, la mairie va délivrer quatre mois plus tard un permis modificatif.
L'évacuation des eaux pluviales sur le chemin Summer N.1 en question
Pour justifier sa demande de suspension des arrêtés municipaux de permis de construire, le couple dénonce « l’insuffisance du traitement de la question de l’évacuation des eaux pluviales » et produit « une étude hydraulique réalisée par le cabinet IDEM’S Ingénierie et datée du 24 juin 2025 indiquant notamment que le projet de construction en litige méconnaît notamment le schéma départemental des eaux pluviales. »
C’est ce qu’explique un jugement du tribunal administratif en date du 29 décembre, qui précise que si « une autre étude de gestion des eaux pluviales, réalisée par le cabinet GEOMAK Océan Indien et datée du 19 août 2025, est plus rassurante dans ses conclusions », les éléments techniques produits par les requérants, qui possèdent une maison mise en location chemin Summer à côté des parcelles visées par le permis de construire, sont de nature à soulever « un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés municipaux des 15 mai et 25 septembre 2025. »
Le juge des référés a donc ordonné la suspension du permis de construire et le paiement par la commune de Saint-Paul d’une somme de 1 500 euros aux deux riverains, rejetant les conclusions de la mairie et de la SSCV Niyat dans l’attente d’une nouvelle procédure qui tranchera, cette fois, le dossier sur le fond.



