Mort de l'étudiant réunionnais Loïc Louise à Orléans : le gendarme au Taser relaxé en appel

Après douze ans de procédure, la cour d’appel d’Orléans a finalement prononcé la relaxe du gendarme à l’origine des tirs de Taser soupçonnés d’avoir causé la mort de l’étudiant réunionnais.
Alors qu’il avait été condamné le 26 novembre 2024 à deux ans de prison avec sursis pour homicide involontaire, le gendarme à l’origine des tirs de Taser soupçonnés d’avoir causé la mort de Loïc Louise a été relaxé par la cour d’appel d'Orléans, a-t-on appris ce mardi 4 novembre de source proche du dossier.
Torse nu sous la pluie
Originaire de Saint-Benoît, l’étudiant réunionnais était décédé à l’âge de 21 ans à la suite d’une intervention de la gendarmerie le 3novembre 2013 à la Ferté-Saint-Aubin, dans le Loiret. Ce soir-là, les militaires étaient intervenus pour mettre fin au trouble causé par une soirée arrosée à laquelle il participait avec des cousins.
Le jeune homme, qui avait consommé de l’alcool, était sorti torse nu sous la pluie à la rencontre des militaires. L’un d’eux, un jeune gendarme adjoint volontaire, avait alors fait usage de son pistolet à impulsion électrique, neutralisant l’étudiant qui devait décéder quelques instants plus tard lors de son transport à l’hôpital.
"L"équivalent de quatre tirs et demi"
Au terme d’une très longue procédure ayant nécessité toute la vigilance de sa famille, l'analyse de l'arme avait démontré que le premier tir avait duré 17 secondes, bien au-delà des cinq secondes légalement autorisées. « Loïc Louise a donc reçu l’équivalent de quatre tirs et demi, des tirs portés au pectoral » soulignait alors Me Fabrice Saubert, l’avocat de la famille. Tombé à genoux après ce premier tir, Loïc Louise avait reçu une deuxième impulsion de cinq secondes, tirée en mode contact.
Lien de causalité
Après plusieurs rebondissements, le parquet puis le dernier juge d’instruction en charge de l’affaire finissaient par conclure à l’existence d’un lien de causalité probable entre l’usage du Taser et le décès du Réunionnais, aboutissant au renvoi devant le tribunal correctionnel du tireur ayant quitté la gendarmerie après les faits. Une analyse à laquelle avait souscrit le tribunal correctionnel d'Orléans en condamnant le prévenu qui avait aussitôt fait appel de cette décision.
Reste à savoir si le parquet général, qui avait requis la confirmation du jugement, formera un pourvoi en cassation pour trancher cette question juridique sensible. Et prolonger encore l'interminable combat judiciaire des parents et des sœurs de Loïc Louise.
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