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Loïc Louise mort après un tir de taser : Le gendarme tireur renvoyé en correctionnelle pour homicide involontaire

Le 3 novembre 2013, à la Ferté-Saint-Aubin dans le Loiret (45) le jeune homme originaire de la Réunion succombait après avoir reçu deux coups de Taser, un pistolet à impulsion électrique, tirés par un gendarme pendant une soirée arrosée qui avait dégénéré au sein du voisinage. Après une décennie de combat, la famille toujours dans la peine a obtenu le renvoi du militaire devant le tribunal correctionnel d'Orléans en 2024.
Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 5 octobre 2023 à 06H40
En octobre 2023, Me Fabrice Saubert, entouré des proches de Loïc, annonçait le renvoi du gendarme devant le tribunal correctionnel d'Orléans

Presque 10 ans après le décès du Réunionnais de 21 ans à la Ferté-Saint-Aubin, l'affaire qui semblait un temps enterrée devrait connaître un épilogue judiciaire en 2024 devant le tribunal correctionnel d'Orléans. Le 3 novembre 2013, Loïc Louise, étudiant en licence à Orléans, perdait la vie après avoir reçu deux décharges de Taser. La tragédie s'était déroulée dans une résidence de la Ferté-Saint-Aubin (45), dans l'Hexagone, où une soirée arrosée avait dégénéré. Un des gendarmes dépêchés sur les lieux pour une bagarre entre la victime, ses cousins et des voisins qui se plaignaient du bruit avait neutralisé le jeune homme en utilisant son Taser. Loïc Louise s'était écroulé et avait succombé.

Lors de l’enquête menée par de l'IGN, l'Inspection générale de la gendarmerie, l'analyse de l'arme a démontré que le premier tir avait duré 17 secondes, contrairement aux cinq secondes légalement autorisées. "Loïc. Louise a donc reçu l’équivalent de quatre tirs et demi, précise l’avocat de la famille, des tirs portés au pectoral ". Alors qu’il était à genoux, une deuxième impulsion de cinq secondes avait été tirée en mode contact. Une deuxième décharge inutile selon les proches puisque Loïc ne présentait aucun danger et que les gendarmes présents sur les lieux auraient alors pu facilement l'interpeller.  Le jeune homme pourtant très excité quelques instants auparavant s’était effondré et n'avait plus bougé. A 2h30, son décès par arrêt cardiaque avait été constaté.

En 2014, le dossier avait été clôturé par le parquet d'Orléans. L'enquête n'avait, à ce stade, pas permis d'établir un lien de causalité entre les coups de Taser et la mort du vingtenaire. En revanche, le malheureux s'était probablement étouffé dans son vomi, un élément tenu pour être une des causes de sa mort ainsi qu'une probable fragilité cardiaque ne lui ayant pas permis de résister aux impulsions électriques. Une version réfutée par la famille de la victime qui indique que Loïc était en parfaite santé et que les denrées alimentaires présentes dans sa trachée avaient pu être provoquées par le massage cardiaque.

Quelques mois plus tard,à la demande de la famille du défunt, une information judiciaire pour homicide involontaire avait été ouverte et le dossier confié à un juge d’instruction à Orléans. En 2019, le gendarme avait été placé sous le statut de témoin assisté malgré un appel devant la chambre de l'instruction afin qu'il soit mis en examen. Mais en 2022, après l'audition de la famille, le juge en charge de l'affaire avait procédé à cette mise en examen pour homicide involontaire. Le 18 septembre 2023, après le réquisitoire du parquet d'Orléans, le militaire était renvoyé devant le tribunal correctionnel. Une victoire pour la famille du défunt et son avocat, Me Fabrice Saubert, qui rappelle que dix personnes ont trouvé la mort après avoir été tasées.

Le gendarmes adjoint volontaire, qui avait 25 ans, utilisait son arme pour la première fois. Selon ses dires, Loïc aurait dû tomber au sol dès la première décharge, raison pour laquelle il aurait continué de tirer.L'audience qui s'annonce à l'horizon 2024 devrait aussi permettre de déterminer si le prévenu a commis une faute en utilisant son arme dans la région du cœur et sur une personne qui était en état d'ébriété, ce que les utilisateurs apprennent à ne pas faire lors de leur formation.

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