Résiliation du marché du SAR : le groupe Élan conteste la "perte de confiance" invoquée par la Région

Malgré les désaccords politiques, les membres de la Commission d'évaluation et de suivi du schéma d'aménagement régional (CESAR) semblent avoir posé les bases d'un accord, au moins sur la méthode à suivre. En marge, le groupe Élan, ancien titulaire du marché de la révision du SAR, conteste le motif de perte de confiance utilisé par la Région pour justifier la résiliation du contrat.
La parole de Serge Hoareau avait valeur de baromètre, le 4 juin dernier, lors de la réunion de la Commission d'évaluation et de suivi du schéma d'aménagement régional qui s'est tenue à la Région. Le président de l'Association des maires de La Réunion, qui portait la voix de la plupart des édiles opposés aux orientations de la majorité régionale sur la politique d'aménagement, avait rassuré la Région en laissant entendre qu'un accord était envisageable.
« Lors de la dernière Conférence régionale de gouvernance ZAN [zéro artificialisation nette des sols], on est sorti avec un désaccord. Là, on dit qu’il faut dissocier ZAN et SAR, je trouve que c’est une évolution plutôt positive. Les écueils sont sur les chiffres que nous utilisons pour bâtir cette trajectoire ZAN », avait résumé Serge Hoareau.
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Les fameux chiffres évoqués par le maire de Petite-Île, ce sont ceux des densités d'habitants à atteindre en 2050 pour respecter l'objectif fixé de zéro artificialisation nette des sols induit par la loi Climat et résilience de 2021, dont le gouvernement envisage d'amoindrir la portée.
Des chiffres de densité d'habitants sur lesquels la Région préfère ne plus se prononcer pour le moment afin d'éviter que le débat, désormais relancé avec les 58 membres de la CESAR, ne déborde sur le terrain des municipales de l'an prochain.
« Une tentative de discréditer le groupe Élan »
Des rumeurs évoquant des densités pouvant atteindre plus de 80 habitants par hectare ont circulé, semant le trouble chez certains élus, dont le maire de Saint-Pierre David Lorion. « Les 100 logements par hectare, je ne sais pas d’où ça vient, mais c’est une fake news. Le ZAN n’est pas stabilisé, on n’en parle plus. Mais la sobriété foncière, je pense que tous les Réunionnais y sont attachés », avait tranché devant l'assemblée Wilfrid Bertile, le président de la CESAR.
La présidente de Région Huguette Bello avait été plus radicale dans son discours d'ouverture. « Les fausses informations qui circulent sont une nouvelle illustration de cette rupture de confiance », avait-elle tancé au sujet du groupe Élan, ancien titulaire du marché d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO) pour la révision du SAR, avant sa résiliation par la Région en août 2024.
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« L'allégation nous attribuant la paternité de densités à 80 logements par hectare est une contre-vérité factuelle, notre travail s'appuyant sur un projet équilibré à 50 log/ha de moyenne. Plus grave encore, le motif de « perte de confiance » invoqué publiquement par la présidente pour résilier notre marché alors que le courrier de résiliation est pour motif d’intérêt général, est aujourd'hui utilisé pour jeter l'opprobre sur notre groupement », réagit Florence Bénéteau, directrice générale du groupe Élan.
Le bureau d'études dionysien, dont les deux recours précontractuels contre la Région - contestant les conditions d'attribution du nouveau marché (désormais alloti) de révision du SAR - ont été rejetés par le tribunal administratif de La Réunion, estime qu'il « s'agit d'une tentative de discréditer le groupe Élan pour mieux justifier l'abandon du projet co-construit avec les territoires et imposer une vision d'aménagement radicalement différente. »



