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NRL, économie, aides aux familles... Jean-Jacques Morel tacle "l’immobilisme" de la Région Réunion

Jean-Jacques Morel, un des chefs de file de l'opposition à la Région Réunion, a tenu une conférence de presse ce mardi au cours de laquelle il a fustigé la majorité régionale pour son "immobilisme". Il a particulièrement ciblé trois dossiers majeurs : la Nouvelle Route du Littoral (NRL), la situation économique locale et le transfert de détenus de la prison de Majicavo à Mayotte vers La Réunion. Le ton était acerbe, et les critiques tranchantes à l’encontre de la majorité régionale conduite par Huguette Bello.
Ecrit par S.I. – le mardi 15 octobre 2024 à 14H17

Nouvelle Route du Littoral : Jean-Jacques Morel s’attaque aux "prétextes" de la majorité

 

Jean-Jacques Morel a ouvert son discours en attaquant frontalement la gestion de la Nouvelle Route du Littoral, projet emblématique et source de débats depuis plusieurs années. Il a souligné que la majorité actuelle "se cachait derrière des recours juridiques" pour justifier les retards accumulés. "Le tribunal administratif a rejeté la plupart des réclamations des majors du BTP. Pourtant, dès le début du mandat, Mme Bello nous répétait qu’on avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête", a-t-il rappelé.

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Le conseiller régional a comparé cette situation avec la gestion du projet sous la précédente majorité de Didier Robert. "L'ancien président a su mener à bien ce dossier dans des conditions politiques très particulières, malgré les obstructions de plus de 100 associations, principalement pilotées par la gauche", a-t-il affirmé. Selon lui, si la majorité actuelle n'avait pas interrompu les travaux, la digue, initialement chiffrée à 475 millions d’euros, aurait pu être livrée en 2025. "Désormais, il faudra attendre bien au-delà de 2028 pour la fin des travaux, avec un viaduc revu à 840 millions d’euros et un délai de livraison allongé à huit ans. Ce sont les Réunionnais qui en paient le prix", a-t-il déploré.

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"La Région n’a pas pris la mesure de cette crise économique"

 

Jean-Jacques Morel a ensuite dressé un tableau sombre de la situation économique de La Réunion. "L’économie réunionnaise est en alerte rouge", a-t-il martelé, en se basant sur les derniers chiffres publiés par l’IEDOM (Institut d’Émission d’Outre-Mer), qui rapporte que le chômage a augmenté de 2,1 % au premier semestre 2024, et l’emploi intérimaire a chuté de 15 %. Ce qui pour Jean-Jacques Morel préfigure une aggravation des difficultés économiques dans les mois à venir.

Jean-Jacques Morel en a profité pour critiquer "l'inaction de la Région Réunion" face à cette situation alarmante. "La Région n’a pas pris la mesure de cette crise économique. Le secteur du BTP, essentiel pour l’emploi, subit une baisse des constructions de 10,6 % et une chute de 22 % des besoins en main-d’œuvre", a-t-il indiqué, en déplorant "l’absence de projets structurants ou de soutien aux entreprises". "Pour en revenir sur la Région Réunion sur l'aide aux familles, c'est rien. Les familles réunionnaises n'ont jamais été autant en difficulté alimentaire. J'espère que la Région ne va pas nous rabattre pendant 8 ans ses quelques euros mis sur la bouteille de gaz car ce n'est pas ça qui va sauver les ménages", ajoute-t-il.

Il a également dénoncé "l'immobilisme" des grandes collectivités comme la Région, le Département ou encore la mairie de Saint-Denis. "Qu’a fait Saint-Denis ? Où sont passés les grands projets de l’ancienne majorité, comme le pôle Océan ou la modernisation de l’entrée Ouest ?", a-t-il lancé avec amertume.

Jean-Jacques Morel a élargi son propos à la situation des Outre-mer en général, qu'il qualifie de "préoccupante" face aux perspectives économiques et sociales. Il a exprimé ses inquiétudes concernant les baisses budgétaires prévues pour l’Outre-mer dans le cadre du projet de loi de finances 2025, tout en affirmant qu’il n’était pas contre la réduction des dépenses publiques. Toutefois, il a insisté sur le fait que l’égalité "ne signifie pas traiter tous les territoires de la même manière", et que les spécificités des territoires ultramarins "doivent être prises en compte".

 

Transfert des détenus de Majicavo: un "double discours" pointé du doigt

 

Le transfert de détenus de la prison de Majicavo, à Mayotte, vers La Réunion a également été un sujet majeur de cette conférence de presse. Jean-Jacques Morel s’est montré très critique envers la majorité régionale, en dénonçant une gestion incohérente et des positions contradictoires. "La surpopulation carcérale est un vrai problème à La Réunion, et Mme Bello le sait bien", a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que La Réunion ne devrait être qu’un point de transit pour ces détenus et que leur transfert définitif devrait se faire en métropole, afin d’éviter qu’ils ne sortent de prison sur l’île.

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Jean-Jacques Morel n’a pas manqué de dénoncer ce qu'il considère comme un "double discours" de la part de Huguette Bello et de Jean-Hugues Ratenon. "Ici à La Réunion, M. Ratenon dénonce l’arrivée des détenus mahorais, mais à Paris, il soutient un discours beaucoup plus ouvert sur l’immigration aux côtés de son grand ami Mélenchon", a-t-il accusé, soulignant les contradictions au sein de la majorité régionale.

Au terme de cette conférence de presse, Jean-Jacques Morel a réaffirmé la vigilance de l’opposition régionale sur ces sujets. Il a appelé la majorité à agir rapidement "pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve la Région", que ce soit sur la NRL, l'économie locale ou les problématiques liées à la surpopulation carcérale. "La Région Réunion est immobile, sourde, et aveugle face aux défis majeurs qui touchent notre île. Il est temps que cela change", a-t-il conclu.

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