Pour Huguette Bello, La Réunion ne peut pas être « l'unique solution pour désengorger Majicavo »

« Ici à La Réunion, nous avons une situation qui est extrêmement difficile puisque nous avons 38% des nôtres qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté. On a 40.000 personnes qui attendent d'avoir un logement, alors comment donner des logements à d'autres personnes qui arrivent ? Que le gouvernement français règle ces problèmes ! », a fait savoir Huguette Bello, ce lundi après-midi.
Après le député Jean-Hugues Ratenon, c'est au tour de la présidente de Région de s'offusquer du transfèrement de 27 détenus depuis la prison de Majicavo vers celled du Port et de Domenjod, suite à la mutinerie de la semaine dernière à Mayotte.
« Construisez des prisons à Mayotte »
Expliquant répondre à un appel d'urgence des syndicats, Huguette Bello a visité le centre pénitentiaire de Domenjod, accompagnée du responsable FO justice pour La Réunion et Mayotte Vincent Pardoux, non sans rappeler que lorsqu'elle était parlementaire, elle s'était battue pour que cet équipement, qui se voulait à l'époque moderne, soit construit à Saint-Denis.
Évoquant le chiffre de 1.500 personnes détenues dans notre île pour 1.235 places, Huguette Bello a pointé la situation de Domenjod, où 824 détenus sont dénombrés pour 575 places, avec 178% de surpopulation carcérale chez les femmes. « Quand on a conçu Domenjod, on parlait d'encellulement individuel », a-t-elle rappelé, relevant que l'Observatoire international des prisons avait récemment encore pointé la situation des détenus en France et assurant qu'elle allait alerter par courrier le premier ministre Michel Barnier.
« L’État doit prendre ses responsabilités depuis que Mayotte est le 101e département français, la France doit donner aux Mahorais tous les droits des Français. La différence de RSA fait un appel d'air ici. Construisez des prisons à Mayotte, et des écoles aussi ! », a clamé Huguette Bello à l'attention du gouvernement.
La présidente de Région a indiqué que la collectivité allait lancer un appel d'offres pour la formation de 148 détenus en 2025 et 2026, invitant au passage les entreprises à franchir les portes des prisons pour offrir du travail aux détenus.


