Cilaos : après la perte de leurs emplois, deux anciens employés communaux poursuivent Laïla Nassibou au tribunal

Après avoir signé un CDD de douze mois quelques jours avant le premier tour des municipales, deux anciens agents de la commune ont vu leurs contrats annulés après le changement de majorité. Le tribunal administratif a jugé qu’il n’y avait pas de doute sérieux sur la légalité des décisions de la maire Laïla Nassibou.
Ils ont signé un contrat à durée déterminée de 12 mois avec la commune de Cilaos en mars 2026, juste avant le premier tour de l’élection municipale, puis ont vu cette prolongation de CDD annulée un mois plus tard par Laïla Nassibou, quelques jours après sa victoire surprise face au maire sortant Jacques Técher.
L’un avait été recruté pour travailler à la maison funéraire, l’autre pour être chauffeur. « Quand la nouvelle maire est arrivée, elle a déchiré le contrat », résume le conseiller municipal d’opposition Pierre Técher. Ce mercredi 10 juin, le fils de l’ancien maire de Cilaos est venu accompagner les deux ex-employés communaux au tribunal administratif de La Réunion.
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Ces derniers ont engagé une procédure en urgence pour obtenir la suspension des arrêtés municipaux pris le 15 avril et portant retrait de leurs CDD de 12 mois. Lors de l’audience, où la mairie de Cilaos n’était pas représentée, les deux hommes ont expliqué à la juge des référés que l’annulation des contrats les avait plongés dans une situation financière difficile et avait brutalement modifié leurs plans pour l’avenir.
La mairie s'interroge sur la temporalité de la signature des CDD
L’un d’eux était déjà employé en CDD depuis six ans, quand l’autre n’avait qu’un an d’ancienneté au sein de la collectivité. Dans son mémoire en défense, la commune de Cilaos indique que les deux contrats devaient prendre effet à compter du 1er juin 2026 et ajoute s’être interrogé « sur la temporalité de ces actes (…), similaire à une promesse électorale d'embauche ou de maintien de contrat post élections. »
Dans les faits, la mairie conteste la validité de la délibération votée en mai 2025 et évoquant un accroissement d‘activité pour justifier le recours, un an plus tard, à ces contrats CDD. La majorité actuelle ajoute que l’ancienne majorité n’avait pas soumis au conseil municipal une nouvelle délibération visant à cadrer l’emploi non permanent pour l’année 2026.
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Sur un plan plus pragmatique, la maire Laïla Nassibou doit faire face à une chute drastique du nombre d’emplois PEC alloués à sa commune, qui serait passé de 90 à 10 seulement. Dans ces conditions, employer deux CDD dans des services déjà bien pourvus, alors même que Cilaos, ville tirant ses revenus du tourisme, peine à financer des postes de jardiniers, constituerait une grossière erreur de gestion, estime-t-on dans l’entourage de la maire.
Des contrats pas inscrits au budget selon le tribunal
La juge des référés du tribunal administratif s’est rangée aux arguments de la collectivité. Dans une ordonnance rendue quelques heures après l’audience, la magistrate a considéré qu’aucun doute sérieux ne pesait sur la légalité des décisions prises par la collectivité.
Dans les deux cas, « la maire de Cilaos s’est fondée sur les motifs tirés de ce que la délibération visée ne correspondait pas aux fonctions mentionnées sur le contrat de l’intéressé et de ce que ledit contrat n’était pas inscrit au budget » expose le jugement.
À Cilaos, le différend entre l’ancienne et actuelle majorité anime déjà le conseil municipal, voire les artères de la petite ville. Pour rappel, l’ancien maire Jacques Técher a indiqué avoir saisi la préfecture pour contester la hausse des indemnités de élus votée en avril dernier.


