Indemnités des élus à Cilaos : l’opposition dénonce une procédure irrégulière

Le vote des indemnités des élus, étape classique après l’installation du conseil municipal, a viré à la polémique à Cilaos. L’opposition dénonce une procédure irrégulière et une hausse jugée inopportune dans un contexte social tendu.
À Cilaos, le conseil municipal du mercredi 15 avril, consacré notamment au vote des indemnités des élus, s’est déroulé dans une atmosphère particulièrement tendue. Ce passage obligé du début de mandat a donné lieu à de vifs échanges entre majorité et opposition.
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Au cœur des débats, l’adoption d’une majoration de 25 % des indemnités du maire et des huit adjoints, rendue possible par le classement de la commune en "station de tourisme". Une décision qui n’est pas passée inaperçue et qui a immédiatement suscité des critiques du côté de l’opposition.
Jacques Techer, ancien maire désormais dans les rangs de l’opposition, dénonce à la fois la méthode et le fond. Il évoque des modifications de l’ordre du jour en cours de séance, avec des affaires retirées puis ajoutées. L’élu va plus loin en pointant un "détournement de procédure". "Cette manœuvre a privé les élus d’une information loyale et complète sur la portée réelle du vote, en violation de l’obligation de note explicative de synthèse", affirme-t-il dans un courrier d'alerte au préfet.
Une méthode remise en cause
D’après l’opposition, le déroulé de la séance soulève de nombreuses interrogations. Initialement, "une hausse de 58 % des indemnités était inscrite". Ce projet aurait été retiré en séance, avant d’être remplacé par une version sans augmentation.
Mais en cours de conseil municipal, une nouvelle délibération aurait été introduite, conduisant finalement à l’adoption de l'application de majoration de 25 % de la "station tourisme". Une succession de décisions qui, selon l’opposition, n’a pas permis aux élus d’avoir une vision claire de l’issue du vote.
"Cette méthode soulève de réelles questions sur la transparence de l’information donnée aux élus, avec une présentation en plusieurs temps qui ne permettait pas d’anticiper clairement l’issue du vote", est-il avancé.
Un recours envisagé, silence de la municipalité
Au-delà des aspects juridiques, les opposants dénoncent également le signal politique envoyé. "Dans un contexte social difficile pour de nombreux habitants, le choix d’augmenter les indemnités des élus dès le début de mandat envoie un signal politique qui ne manquera pas de faire réagir", estiment-ils. "C’est une dépense de plus de 200.000 euros sur le mandat qui devra être budgétisé", a insisté Jacques Techer sur ses réseaux sociaux.
Face à ces éléments, le groupe d’opposition conduit par Jacques Techer a saisi le préfet afin de demander un contrôle de légalité sur les délibérations adoptées lors de cette séance.
De son côté, la municipalité n’a pas répondu aux sollicitations. Malgré plusieurs demandes, l’ordre du jour et le dossier du conseil municipal, pourtant publics, n’ont toujours pas été communiqués.


