Saint-Paul : La série OPJ prend ses quartiers dans l’Ouest

Nouvelle saison, nouveau commissariat pour les membres de la section du commandant Clarissa Hoarau (Yaëlle Trulès). Avec une sixième saison qui entre dans sa dernière ligne droite de tournage, la production de la série a transformé l’ancienne école Eugène-Dayot en véritable poste de police. “On a eu besoin de sept semaines de décoration pour préparer le tournage. Il a fallu refaire plusieurs pièces, créer des espaces avec des fausses cloisons, passer un coup de peinture. Mais malgré ça, on a réussi à tout préparer à temps”, explique Alexandre Nerriere, le directeur de production.
Auparavant, le “commissariat” de la série se trouvait dans les locaux du centre de vacances de la ville de Cilaos, à Saint-Gilles. La commune du cirque souhaitant récupérer le site, un nouveau lieu de tournage a dû être trouvé. “La septième saison est déjà en phase d’écriture, donc on aimerait bien rester dans cette école. La mairie souhaite y installer la future école Rubika, mais ils sont encore la phase des études, alors on a bon espoir de passer entre les gouttes avant que cette école soit réutilisée”, poursuit Alexandre.
Malgré un top départ un peu décalé, tout devrait être dans la boîte d'ici au 13 août prochain. En effet, un arbre est venu perturber le programme en décidant de tomber dans la cour dix jours avant le top départ. La fermeture de l’aéroport de Nouméa suite aux affrontements autour du dégel du corps électoral a également compliqué l’arrivée de Marielle Karabeu, qui incarne la brigadière Kelly Kwaté à l’écran. Finalement, tout a pu commencer fin juin, avec une équipe au complet.

Un faux commissariat a été installé dans l'ancienne école Eugène-Dayot.
Une équipe à 90% réunionnaise
Si l’ampleur du tournage est peu moins importante que celle des deux épisodes de Camping Paradis en 2022 pour TF1, elle n’en reste pas moins conséquente. Deux équipes se sont relayées durant deux mois pour tourner les douze épisodes de 52 minutes prévue par France Télévisions. En tout, ce sont tous les jours une dizaine de minutes d’images exploitables qui sont envoyées en post-production. Celle-ci a d’ailleurs déjà commencé et devrait se poursuivre jusqu’en septembre. Une troisième équipe est également déployée pour faire toutes les séquences muettes et d’illustration afin d’offrir plus d’authenticité aux épisodes.
Si quelques têtes sont originaires de l’Hexagone, comme par exemple Frédéric Chau qui rejoint le casting cette année en incarnant le capitaine Nico Chane, un effort a été fait pour offrir le plus de place possible à des Réunionnais. Près de 380 figurants ont ainsi dû être castés, avec aussi 70 petits rôles et 40 “silhouettes”. Un travail de fourmi qui demande beaucoup d’énergie surtout quand le tournage s’étale sur deux mois. “À part les ‘guests’ qui sont castés à Paris, on essaye de mettre à l’écran le maximum de Réunionnais. Cela fait maintenant plusieurs saisons qu’on fait passer des castings à La Réunion, donc déjà pas mal de gens ont pu tourner dans OPJ”, explique Yoanna Atchama, cheffe de file sur le tournage d’OPJ. Aussi appelée chargée de figuration, elle fait partie des petites mains qui s’active en coulisse, et qui là encore est composé d’une majorité de Réunionnais.
À part le réalisateur François Bigrat, tout le monde a été recruté sur l’île. Même le matériel de tournage est loué sur place. La production a fait également un effort en travaillant avec l’association Recyclimage, afin de réutiliser au maximum ce qui restera du tournage. Pour la première fois, des auteurs péis ont aussi participé à l’écriture des épisodes. On peut notamment citer Marcelino Méduse qui est venu relire les dialogues et ajouter des ‘kozman en kréol’. “On a une centaine personnes qui travaillent tous les jours. Cela permet d’avoir des gens avec compétences, ce qui permet ensuite à d’autres productions de venir, car c’est beaucoup moins cher de recruter local que d’importer des gens”, souligne Alexandre Nerriere entre deux soucis à gérer.

Plus d’action cette année
Si le directeur de production court autant à droite et à gauche, c’est que cette saison se veut plus ambitieuse que les précédentes. Si des policiers, anciens ou toujours en poste, conseillaient la production pour plus de réalisme, notamment lors d’interpellations, deux cascadeurs péi, Dimitri et Matthieu Virginius, sont venus renforcer l’équipe. Ces deux frères se sont formés en métropole, et reviennent ici partager leur savoir pour proposer des scènes d’action plus impressionnantes.
La série se veut aussi impressionnante par la diversité de l’île montrée à l’écran. Cette année, c’est large pan de l’île qui sera proposé, de Terre Sainte à Saint-Denis. “On va essayer de plus tourner dans l’Est et le Sud sauvage pour la prochaine saison”, promet Alexandre Nerriere.


