Saint-Paul : Une nouvelle école d’animation 2D et 3D dès la rentrée prochaine

Faire vivre la phrase “Saint-Paul, terre de tournage”, voilà l’objectif fixé lors du premier conseil municipal de l’année de la commune de l’Ouest. Avec la validation de l’installation de l’école Rubika, dès la rentrée universitaire de l’année 2024/2025, la ville entend bien faire vivre cette promesse. “Nous voulons redynamiser le front de mer avec des étudiants qui feront vivre les commerces dans le centre-ville. Cela va de pair avec l’installation prochaine d’une zone de baignade sur le front de mer, qu’on espère toujours pour le mois de mars. Cette école est un vrai plus pour la commune, car il n’y en a que quatre dans le monde, la cinquième sera chez nous”, se réjouit le maire, Emmanuel Séraphin. Spécialisée dans l’animation 2D et 3D, aussi bien pour le secteur du gaming que du cinéma, Rubika doit permettre aux étudiants réunionnais de se former directement sur l’île.
Le choix du lieu fait bondir l’opposition, qui s’étonne de voir un campus se créer au détriment d’autres activités économiques. “Il n’y a pas la place sur le front de mer. Partout ailleurs, notamment à Saint-Pierre, on voit des commerces, des restaurants, mais pas une école. Et surtout pas autant d’administration comme à Saint-Paul”, s’agace Alain Bénard. “Moi, je suis très fier de notre front de mer. Enfin, le rez-de-chaussée sera bien consacré à des commerces pour renforcer l’attractivité du centre-ville”, tance Emmanuel Séraphin.
Toujours en lien avec le monde l’animation et des industries culturelles, le conseil municipal a également voté une subvention de 40.000 euros pour le studio Gao Shan Pictures. Cette somme vient compléter d’autres aides financières du TO, de la Région et de la Caisse des Dépôts pour un total de 250.000 euros. En effet, dans le cadre du plan “France 2030”, Gao Shan Pictures a été lauréat d’un appel à manifestation d’intérêt de la part du ministère de la Culture pour la création d’un “pôle territorial d’industries culturelles et créatives”. La somme débloquée ce jeudi doit permettre la réalisation d’une étude immobilière pour la deuxième partie du projet.
“Et les droits de l’opposition ?”
Alors que l’opposition municipale était venue en ordre dispersé, cinq sur les treize avaient fait le déplacement, elle n’a pourtant pas manqué de faire remarquer sa présence. Ainsi, le vote pour l’organisation de deux journées du droit pour la ville a fait réagir Patricia Hoarau. L’objet de sa colère ? La non-publication d’un texte commun à l’opposition dans le très long bilan de mi-mandat publié par la majorité. “Et les droits de l’opposition alors ?”, s’étonne la conseillère d’opposition. “Est-ce une tentative pour censurer vos adversaires ? Nous avions bien envoyé notre texte dans les temps, pourtant il est écrit que nous n’avons pas voulu participer”, poursuit Patricia Hoarau. Une remarque fait sourire dans les rangs de la majorité. “Vous êtes plus rapide pour faire un communiqué pour vous plaindre, que pour répondre dans les temps. Vous choisissez la voie de presse pour réagir, alors que les délais n’ont pas été respectés”, tacle le maire, ce à quoi l'opposition répondra qu’une réponse a bien été envoyée le 6 décembre, soit quelques jours avant la date limite. S'ensuivront également plusieurs accrochages entre Audrey Fontaine et Emmanuel Séraphin. La première accusant le second de “ne jamais répondre aux questions et de vouloir toujours l’humilier devant tout le monde”. Les tensions des élections municipales de 2020 sont donc toujours loin d’être éteintes à Saint-Paul.


