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L'Air du temps : "Le sanglot de l'homme blanc"

(Titre emprunté à Pascal Brückner) Le débat actuel, pourri, concernant la réglementation de l'immigration, est certainement le plus hypocrite de ces dernières décennies. Les angéliques attardés soixante-huitards refusent carrément d'en parler au nom d'un humanisme qui a bon dos. Quant aux droites, extrêmes ou pas, elles sont peu ou prou dans la ligne directrice karchérienne de l'ex-ludion de l'Elysée. Une évidence pourtant, s'impose si l'on constate objectivement « nos » fautes passées : les immigrés tentent de récupérer chez nous un peu de ce que nous leur avons volé au long des siècles.
Ecrit par Jules Bénard – le vendredi 15 décembre 2023 à 08H37

Qu'il s'agisse de l'Amérique latine, de l'Afrique sub-saharienne ou du Sud-Est asiatique, l'Occident n'a eu de cesse que de piller ces pays.

Nous les avons pillés par six fois.

La première en pillant leurs forces humaines avec la traite. Les négriers ont choisi les hommes les plus forts, les femmes les plus prometteuses de descendance, les gosses portant une vigueur intéressante.

La deuxième fois, en leur niant une âme, en voulant à toute force les convertir à « notre » religion, soi-disant meilleure que toutes les autres. Les conquistadores espagnols ou portugais ont détruit des civilisations précolombiennes entières en brandissant la croix... et les arquebuses ! Les colons allemands ont annihilé des peuples entiers en Namibie et en Afrique de l'Est et ce furent les premiers génocides de leur histoire.

La troisième, en pillant toutes leurs richesses naturelles et là, les enfants, la colonisation a fait très fort. Sous prétexte de leur apporter notre civilisation, on les a privés de la leur. Or... Pour ceux qui auraient « oublié », la civilisation de l'empire de Gao était splendide et très raffinée alors que l'Occident en était encore à un Moyen-Âge barbare et sanglant.

Avec obstination, l'Occident a avalé toutes les richesses de ces pays : les bois précieux, les diamants, l'hévéa, l'or...

Puis, par grandeur d'âme manifestement, l'Occident a généreusement accordé leur indépendance à ces pays jugés sous-développés. Mais comme il n'y a pas de petits bénéfices, l'Occident, se rendant compte que ces tiers-mondistes étaient aussi intelligents que les autres, ils les ont « humainement » accueillis dans leurs universités, où les Noirs, les Amérindiens, les Asiatiques ont montré leurs très grandes capacités intellectuelles. On les embauche, et vite ! Surtout qu'il vont coûter moins cher, les bougres.

Ces très grands cerveaux du tiers-monde ont accepté ces « ponts d'or », des ponts d'or dix fois moins chers que ce que réclamaient les cerveaux européens.

Peut-on leur reprocher d'avoir été séduits par le chant des sirènes ?

Autre pillage du tiers-monde, celui de sa liberté. En lui accordant généreusement son indépendance, on a « oublié » de lui former des élites capables d'assurer sa survie. Sauf au Sénégal peut-être. Le pouvoir revenait alors au plus fort, au plus impitoyable. Sous prétexte d'endiguer le communisme, on a tenu par les couilles des tyrans épouvantables qui ont pressuré leurs populations jusqu'à la dernière goutte de sang.

Enfin, dernier (last but not least) pillage du tiers-monde, la désertification. Le réchauffement de notre planète avec l'abus des carburants fossiles en Occident se fait sentir de façon plus brutale en hémisphère Sud : plus de pluie, plus de cultures possibles. Plus de riz, plus de mil, plus de manioc, plus de millet !

Il faut bien manger et élever des enfants aux ventres gonflés par la misère.

Où espérer trouver de la survie ? Là ! Chez ceux qui possèdent tout ce que nous n'avons plus... qui possèdent tout ce que nous avions.

Peut-on chercher noise à ceux qui crèvent de faim, de maladie, de liberté, de tenter de retrouver un peu de nourriture, de santé, de démocratie là où ça semble exister encore ?... mais plus pour longtemps.

J.B.

P.S. Je ne prétends aucunement avoir la réponse à toutes ces questions qui me font mal, très mal. J'espère juste avoir apporté quelques éléments de réflexion à tous ceux, honnêtes, qui ne vouent pas les immigrés à la Roche Tarpéienne.

Etiquettes : Jules Bénard

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