Notes de lecture : "Le Mzoungou de la Reine" de Pascale Moignoux

« Le Mzoungou de la Reine » ou « le retour de Gérard Lambert »… Oups ! J’écoutais du Renaud en même temps, d’où cette amusante confusion.
Il s’agit du retour de « Joseph Lambert », aventurier flamboyant venu de Bretagne, dont elle nous avait déjà narré les débuts en qualité d’entrepreneur audacieux, frayant avec ministres, rois, reines, sultans, négriers patentés et quelques autres filous de non moins grande envergure, dans « le Vazaha du Prince ».
Le vazaha en malgache, le mzungu en shimaoré désignent une même personne, l’étranger blanc.
Précisons tout-de-suite que tous les protagonistes de ce roman ont bel et bien existé et ont réellement accompli tous les faits et méfaits que Pascale Moignoux nous rapporte avec un soin jaloux du détail. Afin de ne laisser aucun doute sur l’authenticité des événements, s’appuyant sur une documentation sans faille, l’auteur assaisonne ses écrits de très nombreuses notes de bas de page dans une écriture simple, limpide, qui ajoute au plaisir de la lecture. Et alimente notre soif d’apprendre par la même occasion.
Joseph Lambert, dont elle nous donne le portrait au fusain en fin d’ouvrage, a commencé par faire fortune à Maurice, d’où il est chassé par son épouse, fille de gros planteurs.
Il se retrouve alors à Madagascar où il se met en tête de bâtir un domaine immense, mû moins par l’idée d’y faire fortune que de réussir là où tous les autres ont échoué. Mais les tracasseries des puissants, des commerçants, des ministres malgaches ou français pleuvent comme à Gravelotte. Après avoir été l’ami du roi Radama et grand représentant de la France dans la Grande-Île, il doit se replier sur plus modeste territoire, Mohéli, où il recommence à zéro mais où, là encore, le syndrome de la défaite semble coller à ses semelles et je ne vous en dirai pas plus.
Pascale Moignoux, comme tous les bons raconteurs d’histoires, pense avant tout, c’est évident, au plaisir de son lecteur, tout en se faisant plaisir à elle-même. On se prend de passion pour Joseph Lambert, personnage fort et ambigu, sensible et orgueilleux, doux et violent. Il y avait déjà eu un grand aventurier français en océan Indien, le grand Surcouf qui, à bord de sa « Confiance », a taillé d’invraisemblables croupières aux navires de la perfide Albion. Joseph ne lui cède en rien.
Nous ne saurions trop vous recommander la lecture de ce passionnant roman que vous trouverez dans nos bonnes librairies.
J.B.
« Le Mzoungou de la Reine »
de Pascale Moignoux.


