Revenir à la rubrique : Océan Indien

L'île Maurice dépénalise les actes homosexuels entre les hommes

La Cour suprême de l'île Maurice a déclaré mercredi dernier comme inconstitutionnel l'article 250 du Code pénal qui criminalise l'homosexualité entre les hommes. Cette loi était un héritage de l'époque coloniale britannique, précise la cour.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le vendredi 6 octobre 2023 à 11H03
Photo : Pixabay

La plus haute juridiction de l'île Maurice a révoqué la criminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe en invalidant une ancienne loi héritée de l'époque coloniale britannique jugée non conforme à la Constitution. Jusqu'à présent, une loi datant de 1898 imposait des sanctions pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison pour toute personne reconnue coupable de sodomie.

La communauté homosexuelle avait porté plainte, affirmant que cette loi violait les droits fondamentaux. Cette décision historique a été chaleureusement saluée par la communauté LGBTQ+ de l'île. Les juges de la Cour suprême ont déclaré : "La présence de cette disposition dans le code pénal ne correspond pas aux valeurs mauriciennes, mais découle de notre passé colonial avec la Grande-Bretagne. Par conséquent, nous déclarons que l'article 250, réprimant les relations homosexuelles, est contraire à la Constitution."

Les organisations de défense des droits de l'homme ainsi que l'Onusida, l'agence des Nations unies chargée de la lutte contre le VIH/sida, ont salué la décision de la Cour suprême, soulignant qu'elle aurait un impact positif sur la préservation des vies.

Cette décision intervient à un moment où plusieurs pays d'Afrique de l'Est connaissent une vague de répression à l'encontre des homosexuels, souvent encouragée par des conservateurs musulmans et chrétiens.

Par exemple, en Ouganda, un pays à majorité chrétienne conservatrice, le président Yoweri Museveni a promulgué en mai une loi anti-homosexualité imposant de lourdes peines pour les personnes ayant des relations homosexuelles et faisant la "promotion" de l'homosexualité. Le crime d'"homosexualité aggravée" est passible de la peine de mort, bien que cette sentence ne soit plus appliquée depuis des années en Ouganda. Cette loi, considérée comme l'une des plus répressives au monde, a suscité l'indignation des Nations unies, des groupes de défense des droits humains et de nombreux pays occidentaux.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :