Elections et donc sortie de crise reportées à Madagascar

La Grande Ile n’en finit plus de reporter ses élections. Alors que le référendum de mercredi dernier 17 novembre avait été reporté à de multiples reprises ces derniers mois, ce sont cette fois-ci les élections municipales et sénatoriales qui payent le prix de l’instabilité du pays.
La Haute Autorité de Transition a communiqué hier son intention de reporter à une date encore inconnue les élections locales "dans toutes les villes et régions du pays", comme le précise le communiqué. Ces élections devaient avoir lieu le 20 décembre.
"Problème d’ordre politique et technique" selon la Haute autorité
Cet énième report intervient sous la pression de la rue. En effet, samedi, dans la capitale, des centaines de manifestants ont dû être dispersés à coup de gaz lacrymogène par les forces de sécurité.
Alors que le communiqué de la Haute autorité parle uniquement de "problème d’ordre politique et technique", la rue a elle réclamé la prise en compte du temps d’exposition des partis d’opposition dans la campagne des municipales.
Malgré ce nouveau coup dur pour le pouvoir de transition, la journée de samedi avait été un succès sur un autre plan, la reddition des mutins qui avaient tenté un coup d’état mercredi dernier.
Les résultats définitifs du référendum connus dans les prochains jours
Ces derniers ont été encerclés par le Régiment de force d'intervention (RFI), samedi, dans la caserne située à 15 km en périphérie d’Antananarivo dans laquelle ils s’étaient retranchés.
Les résultats officiels du référendum, qui avait convoqué 8 millions de malgaches pour une nouvelle constitution, seront, eux connus dans les prochains jours précise la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Les résultats provisoires font quant à eux état de plus de 80 % de "oui" à la nouvelle constitution. Aucun doute donc sur l'issue favorable voulue par Andry Rajoelina. Le président de la "transition" qui pourrait, de ce fait, briguer le poste suprême grâce à un article écrit sur mesure pour lui.
Cet article, inscrit dans ce projet de constitution, permettrait en effet un abaissement de l'âge minimum requis pour se présenter à l'élection présidentielle, passant de 40 à 35 ans. De quoi laisser le champ libre au jeune leader âgé de... 36 ans.


