Laisser le Tetra Star sur nos côtes : "La solution la moins pire"

La préfecture a d'abord rappelé la situation dans le secteur. Le navire se trouve le long de falaises qui culminent à 5 à 10 mètres de haut. L'approche ne peut se faire que par les airs ou à pied. L'Etat précise que les sauveteurs mandatés par les assureurs de la coque et des machines n'ont pas tenté de renflouer le navire et ont quitté les lieux soudainement.
C'est le Club de Protection et d'Indemnisation qui a mobilisé l'OSRL (Oil Spill Response) pour évaluer la situation et assister la deuxième société de sauvetage qui a été mandatée. Celle-ci a finalisé le retrait des polluants, objets non fixés et meubles le 23 mars.
La société TSC Holland B.V. a ensuite été employée pour réaliser des inspections et lancer une étude afin de savoir comment l'épave pouvait être retirée. La direction des mers du Sud de l'Océan Indien a enfin sollicité un deuxième avis.
Plusieurs options sont évoquées. Soit par voie maritime, à l'aide de barges et grues flottantes qui soulèveraient l'épave morceau par morceau, soit par voie terrestre avec la construction d'une route sur la roche volcanique pour placer les grues à proximité du navire, soit par voie aérienne avec la création d'une piste d'atterrissage à proximité pour le démantèlement.
Une autre option est un enlèvement partiel, mais cela n'est possible que manuellement. Tout ce qui se trouve sous le pont principal sera conservé car le retrait serait trop dangereux. L'utilisation d'explosifs est jugée inefficace car l'épave restera présente après avoir été disloquée.
Les études ont permis de tirer des conclusions peu réjouissantes. Enlever totalement l'épave ne pourra se faire qu'en causant des dommages au patrimoine de l'Unesco. Et il sera impossible de les réparer. La société d'assurance a donc décidé de laisser le Tresta Star se dégrader naturellement.
Jérôme Filippini s'exprime sur le sujet et se dit "pas satisfait" par les conclusions des études. Il assure que la possibilité d'un enlèvement partiel est toujours sur la table. "Ça réduira la tentation de voir des gens monter à bord", déclare-t-il.
"Il n'y a pas de solution parfaite. Mais cela ne nous a pas empêchés d'agir avant", assure le préfet qui ne veut continuer à étudier la piste d'un démantèlement partiel.
Jérôme Filippini a souhaité rappeler l'importance de rester à distance de l'épave : "Il y a un risque mortel à s'aventurer sur l'épave. Le plus grand risque n'est pas d'avoir une contravention du préfet, c'est de mourir !"
Le préfet explique que des dédommagements seront exigés aux assurances de l'armateur : "Nous allons demander des compensations paysagères, environnementales, en travaillant avec le Parc national, la commune de Saint-Philippe, l'Etat."
Jérôme Filippini assure par ailleurs : "La plus grande partie de la gestion de l'épave, à hauteur de 700.000 euros, a été prise en charge. Il y aura peut-être encore des frais, ce sera sa responsabilité."


